Ablation thyroïde

Trop de cas bénins de cancers ne devraient pas engendrer une ablation de la thyroïde, témoigne l'association de consommateurs UFC-Que Choisir dans une étude parue dans son dernier numéro. L'Assurance Maladie certifie qu'il existe trop d'ablations de la thyroïde non justifiées. Les recommandations cliniques qui précèdent l'intervention sont généralement peu respectées, et les ablations trop souvent systématiques.

La mortalité liée aux cancers de la thyroïde diminue en France depuis plus de 10 ans (375 décès en 2012 contre 478 en 1999). Pourtant, le nombre de ces cancers a été multiplié par 3 depuis 1990 à cause de l'accroissement des nodules décelés. Ce surdiagnostic amène toutefois des patients à s'inquiéter en cas présence de nodule. "Ces petits nodules, même cancéreux, évoluent rarement et ne devraient pas être retirés mais faire l'objet d'une surveillance. De plus, on opère encore pour des nodules qui ne sont même pas cancéreux", explique l'étude. L'Assurance Maladie considère donc que le nombre d'ablations inutiles s'élève à 21 % en France pour des nodules bénins.


"L'ablation de la thyroïde est aujourd'hui encore trop systématique, faisant courir inutilement des risques aux Français", certifie l'étude parue dans Que Choisir Santé. En effet, en 2010, l'Assurance Maladie s'est chargée plus de 35 300 thyroïdectomies dont près de 6 000 pour cancer, soit 17% de ces opérations, et 7 270 pour nodule bénins. D'autre part, les goitres ou nodules multiples représentent 13 350 opérations soit 38% des interventions, alors qu'un quart de ces ablations dépend d'un "autre diagnostic" (hyperthyroïdie, cancer ORL...). Cette opération concerne dans trois quart des cas les femmes.