camion écotaxe

L'écotaxe, ou "taxe écologique", est un nouvel impôt qui sera appliqué à tous les poids lourds circulant sur le sol français dès le 1er janvier 2014. Ce dispositif est issue du Grenelle de l'environnement de 2009. Il a pour but de réduire la pollution en incitant les sociétés de transport à investir dans des camions plus écologiques puisque les taxes seront calculées en fonction du type de véhicule utilisé. Plus de dix pays européens comme la Suisse, l'Autriche ou l'Allemagne ont déjà mis en place l'écotaxe.

D'après la porte-parole de la société Ecomouv, censée mettre en place le dispositif, la taxe « vise à favoriser les transports de marchandises par vois multimodale ». Ainsi, les recettes devraient servir à développer les infrastructures de transports.


Comment ça marche ?

Tous les véhicules de marchandises de plus de 3,5 tonnes circulant sur les 15.000 km de réseau routier en France seront concernés. Le montant de cette taxe se situera entre 8 et 14 centimes d'euros par kilomètre, selon la route empruntée et le modèle de véhicule. La taxe sera majorée de 10 à 20% pour les véhicules les plus polluants, et minorée de 15% pour les moins polluants.

Les poids lourds seront donc équipés d'un boitier qui retracera les routes parcourues par les camions. Des portiques seront également installés tous les quatre kilomètres pour détecter les camions qui se risqueraient à rouler sans boitier.

Pourquoi ça fait débat ?

Cette mesure indigne, entre autres, les agriculteurs qui ont manifesté en tracteurs et véhicules particuliers avec leur syndicat (la FNSEA). L'impôt sera inévitablement répercuté sur le consommateur final. Ainsi, d'après eux, un kilo de tomates françaises reviendrait 50 centimes plus cher qu'avant. Ils considèrent donc que l'écotaxe représente une menace pour leur activité. La FNSEA est révoltée "Une salade produite en France sera davantage taxée qu'une salade en provenance du Kenya".

Et les Bretons dans tout ça ?

Les Bretons, qui bénéficient déjà d'un taux de réduction de 50 % et qui ont vu la route nationale 164 exclue du réseau taxé, se battent becs et ongles pour la suppression de la taxe écologique. La Bretagne est marquée par une crise agricole et agroalimentaire depuis près de trente ans. L'arrivée de l'écotaxe pourrait donc faire empirer la situation. Samedi, près de 1000 agriculteurs ont déversé des tonnes de choux-fleurs sur la route pour faire barrage aux forces de l'ordre et ont démonté un portique déjà installé. Au final, c'est quatre personnes qui ont été blessées. Un nouveau rassemblement est prévu par l'ensemble des opposants à l'écotaxe (industriels, agriculteurs, pécheurs…). D'après un sondage de "Dimanche Ouest France", 74 % des Bretons seraient opposés à la taxe écologique et 85 % d'entre eux ne font plus confiance au gouvernement.


Le gouvernement peut-il faire marche arrière ?

A la suite d'une réunion avec les élus bretons et les ministres concernés, Jean-Marc Ayrault a annoncé ce matin la suspension de l'application de l'écotaxe. Mais a priori, il n'y a pas d'annulation possible. En effet, la suppression de l'écotaxe coûterait au moins 800 millions d'euros à l'Etat puisque l'ancienne majorité avait déjà signé un contrat en 2011 avec Ecomouv, la société désignée pour mettre en place le dispositif. 250 bornes et 180 portiques ont déjà été installés. C'est donc un peu tard pour faire marche arrière. La suppression de l'écotaxe coûterait un milliard d'euros sur un an, dont 800 millions à payer immédiatement.