Exclusion sociale

En Europe, la France est le pays européen qui dépense le plus d'argent pour ses enfants. Et toutefois, un enfant sur six (17%) admet être dans une situation d'exclusion sociale "jugée préoccupante". D'ailleurs, 7% d'entre eux disent subir une "exclusion extrême", d'après les résultats de la toute première étude nationale de l'Unicef France éditée mardi.

L'Etude a été réalisée grâce à un échantillon de 22 500 enfants âgés de 6 à 18 ans et originaires de 70 villes différentes. Conçue à l'aide de l'institut TNS-Sofres, l'investigation nommée « Ecoutons ce que les enfants ont à nous dire » s'est penché sur ces enfants au moyen de plus de 130 questions dans le but de mieux discerner leurs droits, leur vie quotidienne, leur éducation, ainsi que leurs loisirs et leur santé.

Un enfant sur dix a ainsi jugé que l'on ne respectait pas ses "droits dans [son] quartier, [sa] ville" et plus d'un sur deux estime qu'il peut "être harcelé ou ennuyé par d'autres enfants ou jeunes" dans le milieu scolaire. De plus, 5% avouent ne pas manger trois repas par jour. Pour un enfant sur deux, l'Unicef conclut que l'intégration est "très bien assurée". Cependant pour 10 %, elle est "précaire", et même "très précaire" pour 7%.

Les différents degrés de l'intégration sociale (l'école, la ville, la famille, ...) sont "fortement corrélés entre eux" et résultent en conséquence des conditions d'existence, tels que l'accès au soin ou le niveau de privation.

Cette investigation "fournit un outil d'élaboration de politiques publiques" qui n'arrivent pas aujourd'hui "à combattre efficacement les conséquences de la pauvreté et à enrayer le cercle vicieux de l'exclusion", informe la présidente de l'Unicef France, Michèle Barzach. L'enquête et ses bilans seront remis, aujourd'hui dans la journée, à la ministre chargée de la Famille, Dominique Bertinotti, et à son homologue étant responsable de la Réussite éducative, George Pau-Langevin.