Lunettes optique

On le sait, les tarifs des lunettes en France sont généralement très élevés. Cela est-il en passe de changer ?

Le gouvernement est actuellement en phase de finalisation d'un décret instaurant un plafond de prise en charge pour les lunettes et lentilles. Le texte prévoirait un plafond minimum de remboursement de 100 euros à partir de 2015, mais également un plafond maximum de 350 euros pour des verres simples et 100 euros pour les montures. Ce plafond maximum baissera progressivement avec les années, jusqu'à atteindre 200 euros en 2018. En ce qui concerne les verres complexes, la prise en charge passera de 600 euros à 400 euros au terme de ces quatre années. Les complémentaires santé pourront encore proposer des contrats aux remboursements importants mais ils seront plus lourdement taxés. Afin de trouver un contrat adapté, il peut être intéressant d'opter pour un courtier en assurance.


Mais il existe une contrainte : les assurés ne se verront rembourser qu'une paire de lunettes tous les deux ans pour les adultes. L'objectif ? Inciter les opticiens à baisser leurs tarifs. Et pour cause : la plupart des opticiens les adaptent en fonction des remboursements pratiqués par les mutuelles, et c'est bien cette pratique que le gouvernement entend contrer. L'exécutif espère ainsi que les professionnels de l'optique diminuent leur marge. Quant à savoir si cela fonctionnera, c'est un véritable coup de poker...

Une chose est sûre : les opticiens s'insurgent contre cette mesure. Pour Christian Roméas, président du Syndicat des opticiens entrepreneurs, le décret ferait du tort à tous et particulièrement aux consommateurs : « Comment ferez-vous si vos lunettes sont cassées, si le remboursement n'est possible qu'une fois tous les deux ans ? » peste-t-il. Les complémentaires santé, elles, sont assez partagées. Jean-Martin Cohen-Solal, délégué général de la Mutualité, estime que les plafonds sont trop élevés. D'après lui, ils ne devraient pas dépasser 350 euros pour les verres complexes.

De son côté; le ministère de la santé affirme que, pour l'instant, « rien n'est encore fixé ». Autrement dit, le texte n'est qu'à l'état de projet. On connait pourtant la volonté de la Cour des comptes à remanier le marché de l'optique, perçu comme « opaque et peu concurrentiel » ; En France, les lunettes sont deux fois plus chères qu'au Royaume Uni, en Allemagne ou en Italie...