Plafonnement remboursement mutuelle

Le dialogue initié par la ministre des Affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine, vient de prendre fin après de longs mois de discussion : un décret modifiant le plafonnement des remboursements des mutuelles verra bien le jour prochainement. Celui-ci prévoit une mise en place progressive des nouvelles réformes, sur deux ou trois ans, afin de faciliter leur acceptation par le corps médical et les patients. Cette nouvelle mesure a pour objectif principal d'enrayer l'augmentation constante des prix des soins médicaux à laquelle nous assistons depuis quelques années. Concrètement, les assureurs ne pourront plus proposer des remboursements « sans limite ».


Les professionnels de l'optique sont particulièrement visés car le coût des lunettes en France figure parmi les plus élevés d'Europe ; un français dépensera donc en moyenne 50% de plus que ses voisins étrangers pour s'offrir de nouvelles lunettes. Ces tarifs excessifs ont des conséquences non-négligeables puisque les plus précaires ne peuvent plus accéder à ce type de soins ou renouveler leurs lunettes de manière à les adapter à leurs besoins actuels. Le prix des montures équipés de verres classiques a en effet doublé depuis 2011 ! Le nouveau décret vise à endiguer ce phénomène et l'UFC Que Choisir révèle que le plafond de remboursement des montures est amené à être abaissé à 100 euros, celui des verres simples à 200 euros, et celui des verres complexes à 400 euros, d'ici quelques années. Enfin, le remboursement des lunettes ne sera autorisé qu'une fois tous les deux ans.

Ce décret permettra-t-il réellement de faire baisser les prix de l'optique ?

Les spécialistes s'interrogent et émettent des réserves sur les résultats espérés suite à ce décret. Evidemment, les consommateurs seront plus attentifs aux prix des lunettes lorsqu'ils seront moins remboursés, mais un risque prévaut : les professionnels de l'optique ne risquent-ils pas de jouer sur la qualité afin de conserver une marge intéressante ? Ces derniers se défendent en avançant que cette réforme, si elle ne s'accompagne pas d'une baisse des prix des mutuelles santé, mènera en fait à une hausse des frais de santé.