Changement statut animaux

Comme nous vous l'annoncions en fin d'année dernière, une réforme du statut des animaux dans le Code Civil a été validée par les députés le 15 avril 2014. En effet, jusqu'à présent, les animaux étaient toujours considérés comme des « biens meubles », d'un point de vue juridique : leur statut n'avait pas évolué depuis la création du Code Civil en 1804. Les animaux domestiques, apprivoisés et tenus en captivité, sont dorénavant considérés comme des « êtres vivants doués de sensibilité ».

Concrètement, ce changement de statut aura essentiellement une portée symbolique puisqu'il constitue évidemment un grand pas en avant, en termes d'éthique. Mais il est probable que les juges punissent avec plus de sévérité les mauvais traitements et les actes de cruauté infligés aux animaux suite à cette réforme.


Quid des élevages intensifs ? Le nouveau statut peut-il remettre en cause les pratiques douteuses ancrées dans notre société ? En soi, ce texte ne permet en aucun cas de faire cesser les pratiques d'élevage industriel. Il légitime cependant les actions menées par les défenseurs de la cause animale, et nous pouvons espérer que la réforme fera progresser le débat dans les mois à venir.

La France est cependant très en retard à ce sujet par rapport à ses voisins européens, dont certains reconnaissent aujourd'hui le « bien-être » des animaux et envisagent même de les définir comme des « personnes » à part entière. De nombreux progrès restent à faire en matière de sensibilité à la cause animale, notamment en milieu scolaire : les plats végétariens sont quasiment absents des cantines, les associations animales éprouvent beaucoup de difficultés à obtenir la parole dans ce type d'établissements et les enseignants restent en retrait vis-à-vis de cette cause… Alors même qu'il est nécessaire d'inculquer de nouvelles valeurs aux jeunes afin de faire changer les mentalités.

Enfin, la récente réouverture du zoo de Vincennes permet quant à elle de relancer le dialogue sur les conditions de vie des animaux sauvages dont le bien-être passe généralement après le plaisir des spectateurs : environnements inappropriés, mode de vie non-naturel... La philosophe Florence Burgat avance par ailleurs que « les zoos sont là pour satisfaire une demande voyeuse et égoïste du public » et que « voir les animaux n'est pas un droit ».