Sécurité routière : l'écart de conduite des deux-roues
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Sécurité routière : l'écart de conduite des deux-roues

Résultats du baromètre Axa prévention

Aujourd'hui est paru le baromètre Axa Prévention qui met l'accent sur les risques que représentent les deux-roues motorisés (motos et scooters). Le plus étonnant est que les conducteurs sont conscients des risques et dangers sur la route, mais ils continuent à en prendre. Décryptage.

La sécurité des deux-roues

Selon les résultats du baromètre, 66% des conducteurs de deux-roues se sentent moins en sécurité qu'il y a dix ans. Le président d'Axa Prévention, Eric Lemaire, souligne le phénomène : « Une perception réaliste, car les conducteurs de deux-roues motorisés (2RM) sont en effet les plus vulnérables sur la route ». Selon la Sécurité routière, en 2013, ils représentaient 1,6% du trafic routier mais 28% des tués.


Ceux-ci pourraient rendre responsables les autres usagers de la route, en l'occurrence les automobilistes, mais la moitié des conducteurs de deux-roues motorisés se considèrent responsables par leur conduite dangereuse. «Ils font preuve de lucidité car ils ont conscience que leurs pratiques peuvent perturber les automobilistes. Par exemple, dans les embouteillages ils peuvent avoir des comportements plus risqués (changement de file, vitesse…)», confirme Eric Lemaire.

Les erreurs des conducteurs

D'abord, la vitesse. Plus de la moitié des usagers de deux-roues motorisés reconnait rouler à 65km/h en ville (59% des motards et 20% des scootéristes). Et 41% avouent rouler à plus de 160km/h sur l'autoroute (46% de motards, et 17% des scootéristes). Ces chiffres surprenants ne sont pourtant rien à côté de ceux de 2004 (62% roulaient à plus de 160km/h sur autoroute et 73% dépassaient les 60km/h en ville). Voici l'analyse d'Eric Lemaire : «Dans leur volonté de gagner du temps et d'échapper à l'engorgement du trafic, ils utilisent leurs capacités plus forte d'accélération et leur agilité en ville».

Aussi, le téléphone. L'usage du portable en conduisant est reconnu par 23% des conducteurs de ces engins, et près d'un tiers d'entre eux n'utilisent pas de kit mains libres. Cette imprudence multiplie par trois le risque d'accident (par 23 lors de l'envoi d'un sms !), ce qui montre soit une grande inconscience, soit le goût du danger.


Egalement, l'alcool et la drogue. Leur consommation est minoritaire chez les conducteurs de deux-roues, mais les statistiques restent inquiétantes : 15% prennent la route après avoir bu 4 à 5 verres alcoolisés, et 15% des scootéristes et 7% des motards roulent sous l'emprise du cannabis. «Même si les contrôles d'alcoolémie sont fréquents et que des nouveaux tests salivaires pour détecter la consommation de cannabis vont être expérimentés, certains conducteurs de 2RM estiment qu'ils peuvent passer entre les gouttes et qu'ils n'auront pas d'accident», souligne Mr Lemaire. C'est pourquoi il veut concentrer des campagnes de sécurité routière autour de ce problème et cibler les consommateurs de psychotropes.

Enfin, le défaut de port des vêtements adaptés à la conduite d'un deux-roues (gants, pantalons, casques, bottes) représente la dernière imprudence. En effet, 84% des pilotes sont conscients des risques qui y sont liés, mais 37% des motards conduisent sans en être équipés.

La ville, inadaptée aux deux-roues ?

D'autres éléments sont à prendre en compte pour assurer leur sécurité. 68% des conducteurs réclament d'ailleurs une meilleure prise en compte de leur sécurité dans l'aménagement urbain, toujours particulièrement inadapté et dangereux pour les vélos et deux-roues motorisés. Leur visibilité y est mise à l'épreuve, même si 27% des pilotes ne voient pas l'intérêt d'une amélioration de celle-ci.


L'Institut Français des sciences et Technologies des Transports, de l'Aménagement et des Réseaux (IFSTTAR) y a pourtant travaillé en 2013, à la demande de la Fondation Maif. Le projet, appelé Avimoto, a eu comme conclusion que deux tiers des accidents sont dus à des collisions avec des véhicules légers (comme les deux-roues), et le plus souvent se produisant à des intersections. Dans la plupart des cas, le pilote du deux-roues avait la priorité, mais l'automobiliste ne l'a pas vu ou trop tard. Ce constat appuie le fait que la visibilité des conducteurs de deux-roues est à étudier et améliorer, notamment en reconfigurant les feux d'intersections, les feux des phares des voitures et deux-roues (un feu standard jaune, par exemple, est mieux détecté qu'un blanc, et en modifiant la dimension verticale des deux-roues.

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