Mediator : le procès devrait avoir lieu
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Mediator : le procès devrait avoir lieu

La perspective d’un procès est proche : la cour d’appel vient de rejeter le dernier recours du laboratoire Servier. Une bonne nouvelle pour les victimes de ce médicament.

procès Mediator

Des années de combat

Le Mediator est un médicament des laboratoires Servier, commercialisé de 1976 à 2009. En novembre 2010, l'Afssaps a estimé que ce traitement avait causé la mort d'au moins 500 personnes. Une étude sortie quelques semaines plus tard avancait un chiffre allant de 1000 à 2000 victimes. Finalement, selon l'INSERM, 1 320 patients auraient perdu la vie à cause du Mediator, et plusieurs dizaines de milliers souffrent de valvulopathie (lésions des valves cardiaques). Ce médicament était un antidiabétique, mais il était surtout prescrit comme coupe-faim.

A l'heure actuelle, les victimes seraient en train de voir le bout du tunnel judiciaire. Alors que Servier voulait éviter le procès, le parquet général l'a demandé officiellement, juste après le rejet de la cour d'appel de Paris concernant les derniers recours du laboratoire. Ce dernier est mis en examen pour « escroquerie » et « tromperie aggravée ». « La première plainte a été déposée en décembre 2010 par une victime aujourd'hui décédée des suites de sa valvulopathie imputable au Mediator » indique Charles Joseph-Oudin, avocat des parties civiles.


Servier ne veut pas se laisser faire

Le laboratoire, par le biais d'un de ses avocats, a immédiatement annoncé qu'il allait former un pourvoi en cassation, même si cette action ne peut empêcher la justice de prendre ses réquisitions. Charles Joseph-Oudin se veut justement rassurant :«le procès va avoir lieu». Pourtant, le laboratoire ne démord pas et a apporté une clé USB, contenant des milliers de documents en rapport avec le Médiator, et voulait que celle-ci soit expertisée. Cependant, le parquet général a requis le rejet de cette requête, car Servier aurait, pendant des années, « dissimulé le caractère anorexigène du médicament ». Le laboratoire n'a pas non plus « signalé les risques d'hypertension artérielle pulmonaire » ni les « graves lésions des valves cardiaques ».

Plusieurs mises en examen

Ce sont 26 personnes qui sont mises en examen pour « tromperie, escroquerie, prise illégale d'intérêt, trafic d'influence,…  ». Parmi eux : des dirigeants du groupe, des fonctionnaires, des sociétés de la galaxie Servier, des médecins et même une ex-sénatrice. En parallèle, une seconde information judiciaire pour « homicides et blessures involontaires » est en cours. Elle vise l'ANSM (Agence national de sécurité du médicament) et les laboratoires Servier, qui sont tous les deux soupçonnés de négligences vis-à-vis des différentes alertes, qui auraient eu lieu entre 1995 et 2009.

Suite à la décision de la cour d'appel, le parquet a annoncé avoir requis un renvoi pour « tromperie aggravée, escroquerie, blessures et homicides involontaires et trafic d'influence ». Il demande également un procès pour «blessures et homicides involontaires» visant l'ANSM. Résultat : 11 personnes morales et 14 personnes physiques sont visées par le ministère public qui requiert un renvoi en correctionnelle.

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