80% des Français bénéficieront d'une réduction de 30% sur la taxe d'habitation en automne. La suppression effective aura lieu d'ici trois ans. Elle s'appliquera à l'ensemble de la population française. Selon certains économistes, l'abrogation de cet impôt local risque d'entraîner une augmentation des loyers, notamment dans les grandes agglomérations du pays.

Cette tendance à la hausse se répercutera en premier lieu sur les nouveaux contrats de bail, au profit des propriétaires de logements dans les zones tendues. Ce phénomène, contre-intuitif en apparence, s'est déjà produit en dehors de l'Hexagone. Voyons dans le détail les éventuelles conséquences de l'abandon de ce type d'imposition.


La fin de la taxe d'habitation risque de profiter aux propriétaires plutôt qu'aux locataires

Étienne Wasmer dispense des cours d'économie à l'Institut d'études politiques de Paris. Il suppose que les loyers pourront grimper dans quelques années à la suite de la suppression de la taxe d'habitation.

Dans la mesure où cette hypothèse est vérifiée, la hausse des prix se répercutera sur tous les occupants des logements. Même si les Français ne seront plus soumis à cette taxe d'ici trois ans, les gagnants restent les propriétaires.

Les nouveaux locataires parmi les premières victimes

Sachant que les locations privées ne constituent qu'une infime partie du parc locatif, on peut estimer à 5% la proportion des ménages affectés par la hausse éventuelle des loyers. Cette prévision court-termiste concerne principalement les locataires qui contractent un nouveau bail après un déménagement.

Dans certaines grandes villes comme Paris, les loyers seront d'autant plus élevés, étant donné l'importance de la demande. Les étudiants qui changent d'université d'une année à l'autre subiront l'effet de cette hausse. Plutôt que de souscrire une nouvelle assurance habitation, ils pourront se couvrir à travers la garantie villégiature de leurs ascendants, afin de réduire les charges.

Une opportunité intéressante pour les propriétaires

Les économies que les ménages peuvent réaliser chaque année atteindront en moyenne 864 euros, après la suppression de l'impôt local, selon le ministère de l'Action et des Comptes publics. Il est donc conseillé aux ménages d'épargner, car une hausse des loyers se dessine à l'horizon, notamment pour les nouveaux baux. Toujours est-il que les locataires déménagent tous les 4 à 5 ans.

À long terme, les occupants de logements pourront-ils éviter une augmentation excessive des loyers, grâce à la loi Duflot ? Pour l'heure, les propriétaires ont l'obligation de s'en tenir à l'indice de référence loyer en cours de bail.