Les débats sur la réforme de l'assurance-chômage se poursuivent. Alors que l'Exécutif prévoit de s'entretenir avec la Confédération française démocratique du travail (CFDT) à l'hôtel de Matignon, la tension est encore palpable entre les syndicats et le patronat. Les positions du Mouvement des entreprises de France (MEDEF) sont très différentes de celles de la Confédération générale du travail (CGT). Les négociations entre les partenaires sociaux, qui se baseront sur une lettre de cadrage, seront rudes. Parmi les principaux points de divergence figure la dégressivité des allocations. Cette mesure a été proposée par Geoffroy Roux de Bézieux, le représentant du MEDEF, au détriment des syndicats de salariés.


Bientôt un consensus entre les partenaires sociaux ?

Si la réforme est appliquée, les employés en reconversion et les travailleurs indépendants en faillite seront mieux protégés. En plus de vouloir se conformer à la réalité du marché, le gouvernement entend réduire les pertes de l'Union nationale interprofessionnelle pour l'emploi dans l'industrie et le commerce (UNEDIC).

L'heure est encore aux négociations. Elles ont débuté en octobre 2017 et ne sont pas encore prêtes de déboucher sur un consensus. Le cas échéant, les autorités trancheront pour que la loi puisse être portée à la connaissance des Français, dès le printemps prochain.

Le Medef souhaite une refonte intégrale du système actuel

Alors que les entreprises éprouvent quelques difficultés à embaucher, l'organisme chargé de la gestion de l'assurance chômage est dans le rouge. Dans un tel contexte, le patron du Medef recommande la refonte totale du système.

Outre la dégressivité des allocations et la fixation de plafonds pour leur montant, le numéro un de l'organisation patronale préconise par exemple l'instauration d'un régime d'assurance obligatoire. Celui-ci servira à compléter les indemnités versées actuellement aux chômeurs et sera financé par les entreprises, par le biais des cotisations.

Tous les demandeurs d'emploi doivent bénéficier d'indemnités

Selon les syndicats des salariés, toute personne en situation de chômage doit bénéficier d'une aide de la Sécurité sociale, dès qu'elle commence à chercher du travail. Les nouvelles mesures doivent également permettre de faciliter le retour à la vie active.


En outre, la dégressivité des allocations n'a pas lieu d'être appliquée, puisque les demandeurs d'emploi sont censés être indemnisés en fonction du montant des cotisations qu'ils ont préalablement versé. Le patron de la CGT suggère plutôt la pénalisation des sociétés ayant recours à des pratiques démesurées sur les contrats de courte durée. Ce système de malus sera de nature à sensibiliser les ressources humaines sur la précarité des demandeurs d'emploi. Comme on pouvait s'y attendre, le MEDEF avance que cette solution n'en est pas une, car elle ne favoriserait pas le recrutement de nouveaux collaborateurs.