400 millions d'économies en moins en 2019

Afin de permettre aux hôpitaux de se remettre sur les rails, le gouvernement pourrait fixer l'objectif national de progression des dépenses d'assurance maladie (Ondam) à 2,4 % en 2019. Cette hausse de 0,1 point, qui correspond à 200 millions d'euros, serait justifiée par la nécessité de relancer l'investissement hospitalier.

Pourtant, en 2017, le président avait décidé de maintenir l'Ondam à 2,3 % en moyenne jusqu'à la fin de son mandat. En passant à 2,4 % en 2019, il faudra trouver 4,4 milliards d'euros supplémentaires à ajouter aux 190,9 milliards d'euros prévus pour cette année.


Ce budget additionnel est cependant inévitable pour compenser la progression rapide des besoins, une tendance qui s'explique par le vieillissement de la population et la croissance du coût des soins. Au total, le montant des économies attendues va diminuer de 4 milliards à environ 3,6 milliards entre 2018 et 2019 du fait du besoin de tenir l'objectif de 2,3 % alors que les dépenses explosent.

Vers un ajustement de la répartition des efforts d'économies

Un nouveau mode de partage du fardeau des économies entre hôpitaux et soins de ville est également au programme. En effet, l'an dernier, alors que la progression des dépenses pour les premiers ne pouvait dépasser 2 %, les médecins libéraux, paramédicaux... pouvaient aller jusqu'à + 2,4 %. Ce changement s'explique par la relative facilité du contrôle des crédits hospitaliers par rapport à un éventuel arrêt du remboursement des consultations libérales. La recherche d'outils de régulation des soins de ville a ainsi été confiée à une mission dans le cadre du plan Santé.

Ce projet de relèvement de l'Ondam trouve également son origine dans l'idée – récemment abandonnée – de l'Exécutif de transférer partiellement la charge des indemnités journalières de la Sécurité sociale vers les employeurs. Il en a résulté une diminution de 400 millions d'euros des économies potentielles, soit 0,2 point d'Ondam.

Par ailleurs, la révision de l'objectif de 2,3 % ne fait pas l'unanimité. Bercy préfère ainsi miser sur la transformation du système de santé français et sur la baisse des coûts permise par l'optimisation du management des hôpitaux.