Le télétravail, une piste pour réduire les dépenses liées aux arrêts de travail
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Le télétravail, une piste pour réduire les dépenses liées aux arrêts de travail

Ces dernières années, les indemnités journalières versées par l'Assurance Maladie aux salariés en arrêt de travail ont explosé au point d’atteindre 10,3 milliards d'euros. Les arrêts de plus de 30 jours représentant près de 82 % des dépenses, le chef du gouvernement a présenté le télétravail comme une piste intéressante pour les réduire lors de son passage sur RTL le 14 novembre dernier.

Le télétravail, une piste pour réduire les dépenses liées aux arrêts de travail

Jean-Luc Bérard, DRH du groupe Safran, Stéphane Oustric, professeur de médecine à l'université de Toulouse, et Stéphane Seiller, magistrat à la Cour des comptes, ont été missionnés par le chef du gouvernement pour réfléchir à des pistes pour agir sur les causes des arrêts de travail. Vers la fin de l'année, le trio remettra un rapport exposant les dispositifs à mettre en œuvre.

Le 13 novembre dernier, les premières pistes ont été débattues par le patronat, les syndicats, les médecins et les acteurs de la protection sociale. Parmi celles-ci figure le télétravail.

Les avis des confédérations de travail divergent

Le secrétaire confédéral FO, Serge Legagnoa, avalise le temps partiel thérapeutique et le télétravail pour réduire les arrêts de travail. Selon lui :

« Par peur d'une perte de revenus, d'une charge de travail trop importante ou de difficultés avec l'employeur, des salariés font du présentéisme. Ils tirent sur la corde et finissent par connaître des arrêts plus longs. Sur contrôle du médecin, ils pourraient télétravailler ou obtenir, sans arrêt de travail préalable, un temps partiel thérapeutique ».

Si la première alternative séduit la CPME, le télétravail suscite une certaine réticence. Selon le vice-président de la confédération, cette solution ne convient pas forcément à toutes les entreprises ni à tous les types de postes. Il évoque également qu'elle ne permettra pas vraiment de ralentir l'inflation des indemnités journalières. À la CGT et à la CFE-CGC, le télétravail a également reçu un avis défavorable. En revanche, au niveau de la CFDT, cette piste ne rebute pas, qu'il s'agisse d'arrêts courts ou d'arrêts longs. La secrétaire nationale de la confédération, Catherine Pinchaut, explique :

« Au bout de six mois d'arrêt de travail, 50 % des salariés ne reprennent pas leur activité. Au bout d'un an, ils sont 20 %. Le télétravail peut être un moyen d'agir sur cette désinsertion, à condition que la pathologie le permette ».

Quelles autres pistes ?

Quelle que soit la durée de l'arrêt de travail prescrit par le médecin, les salariés doivent transmettre l'avis d'arrêt à leurs caisses d'assurance maladie dans un délai de 48 heures. Durant les premiers jours de l'arrêt de travail, les salariés ne perçoivent pas d'indemnités journalières.


Il s'agit du délai de carence. Avant 2012, seul le secteur privé était concerné par ce délai qui était alors de 3 jours. À partir de 2012, la loi de financement de la Sécurité sociale l'a prolongé d'un jour pour le privé comme pour le public, soit 4 jours de délai de carence pour le premier et 1 jour pour le second.

Dans le rapport qui sera remis fin décembre, est prévue l'égalisation des délais de carence dans les deux secteurs, voire leur suppression. L'efficacité de ces mesures fait cependant débat étant donné qu'elles peuvent pousser les salariés à rallonger leur absence.

Autre piste : la suppression des prestations journalières sur requête de l'organisme effectuant la contre-visite médicale patronale. Enfin, pour les arrêts courts, la dématérialisation des déclarations se présente comme un outil intéressant pour accélérer le contrôle étant donné qu'aujourd'hui encore, avant que le dossier n'ait été traité, le salarié a déjà repris son poste.

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