Quand les complémentaires santé s’engagent à modérer leurs tarifs

Gérant actuellement 4,3 millions de contrats figurant parmi les moins chers de la gamme, les mutuelles ont finalement accepté de ne pas augmenter leurs tarifs. Il s'agit d'une bonne nouvelle pour les assurés. Toutefois, le gouvernement espère également que les personnes ciblées par le remboursement de l'élévation des prix augmentent davantage en nombre.

En effet, les complémentaires projettent de reverser la différence de tarifs aux quelques 5 millions d'assurés. Les réponses du gouvernement ont été plutôt positives dans leur ensemble. La seule piste non retenue concerne l'accélération de l'application de la réforme 100 % santé. Alors que sa mise en œuvre est censée être opérée en 2021, les mutuelles souhaitent l'entamer dès 2019.


Prise en charge de la hausse tarifaire de 2019

Si certaines mutuelles ont déjà fait part de leur nouvelle grille tarifaire pour 2019, elles s'engagent à rembourser l'augmentation des prix. Cette résolution concerne les signataires des contrats les moins élaborés qui ne peuvent jouir d'une aide à la complémentaire santé. Il peut par exemple s'agir de la couverture maladie universelle complémentaire (CMUC). En effet, ce privilège est octroyé aux ménages dont les ressources financières n'excèdent un certain plafond.

Mais ce n'est pas tout. La ministre de la Santé se penche actuellement sur la possibilité d'étendre le nombre de personnes concernées par les reversements. Selon elle, le remboursement doit aussi profiter aux assurés qui bénéficient de contrats aidés dès lors qu'ils ont un ticket modérateur à leur entière charge. Justement, l'organisme de protection sociale dénommée Malakoff Médéric Humanis a agi dans ce sens avec l'attribution d'une somme de 5 millions d'euros en guise de compensation, au profit des personnes qui vivent avec moins de 2 000 euros par mois.

50 millions d'euros de dépenses pour les mutuelles

Même si le gel des tarifs concerne les polices d'assurance santé d'entrée de gamme, cette résolution pèse lourd dans le budget des mutuelles. Le coût s'établit à 50 millions d'euros. C'est ce que révèle celui qui est à la tête de la Mutualité française. Il indique que le coût d'un contrat adapté à un senior s'élève à 900 euros au plus, contre 300 euros pour l'assurance dédiée à un jeune.

Si les mutuelles jouent un rôle considérable dans la mise en place du « reste à charge zéro », la Mutualité espère que le montant des taxes relatives à l'assurance santé (14,07 %) diminuera. En tout cas, les pouvoirs publics contribuent à l'application de la réforme, à hauteur de 750 millions d'euros, soit 75 % du budget.