La dépendance se trouve au centre des préoccupations de la Mutualité française

La réforme de la dépendance fait partie des priorités de la Mutualité, qui revendique une nouvelle branche dans le système de protection sociale, outre la famille, la maladie, les accidents de travail et la retraite. Le fait est que l'allongement de l'espérance de vie et le vieillissement flagrant de la population française augmenteront certainement le nombre des personnes dépendantes.

Or, il faut reconnaître que l'offre en termes d'hébergement ne couvrira pas la demande, même si les Ehpad comptent actuellement plus de 200. Sans parler des coûts afférents à l'admission en maison de retraite et les conséquences psychologiques qui s'ensuivent.

Tant de raisons pour lesquelles l'entité, regroupant la majorité des mutuelles existant dans le pays, s'intéresse de près l'accompagnement des personnes âgées, notamment en mettant en avant la préservation de leur indépendance à domicile.


La prise en charge des personnes âgées est à revoir

Si 2019 va être le théâtre de nombreuses réformes sociales, le gouvernement n'a pas oublié le domaine de la santé. Ainsi, une concertation à l'échelle nationale a été organisée avec comme objectif principal de trouver, d'ici la fin de l'année, des solutions pérennes permettant d'anticiper les éventuelles pertes d'autonomie qui ne manqueront pas d'apparaître à mesure que l'âge des Français avance.

Dans le cadre de cette initiative, la Mutualité a proposé 20 mesures permettant d'optimiser l'accompagnement des seniors. Cette fédération fait d'ailleurs appel à la solidarité nationale qui devrait jouer le rôle de « pivot » dans la réforme. En outre, la création d'un cinquième risque de protection sociale pourrait grandement améliorer les choses, selon l'estimation de son dirigeant, Albert Lautman.

Et pour cause, le nombre d'individus ayant dépassé les 85 ans a explosé ces derniers temps si bien que les offres d'hébergement ne vont pas suffire. Comme l'explique Albert Lautman dans ces propos :

« Les baby-boomeurs vont vieillir en masse : le nombre de personnes de plus de 85 ans va tripler, mais pas celui des places en Ehpad ! »

Prioriser l'accompagnement à domicile

Jusqu'ici, les seniors les moins autonomes doivent débourser 2 000 euros en France, pour bénéficier des services adéquats à leurs besoins dans les maisons de retraite. La Mutualité milite pour la révision des tarifs appliqués selon les revenus des concernés, du moins pour l'abaissement du reste à charge, que n'importe quel comparateur mutuelle santé pourra après présenter sur son site web.


L'organisme projette également de repenser le rôle et la place de ces Ehpad. Pour cela, l'entité veut mettre en avant l'accompagnement à domicile, en proposant des services répondant aux besoins des seniors selon leur niveau de dépendance. D'autant plus qu'une étude menée par Credoc a affirmé le fait que huit personnes sur dix ont plus tendance à perdre leur autonomie une fois admises en maison de retraite. Ainsi, dans son communiqué, Albert Lautman affirme que :

« L'objectif serait de donner la possibilité aux personnes qui le souhaitent de rester plus longtemps chez elles, grâce à un accompagnement à domicile adapté à leur niveau d'autonomie ».

À ce directeur général d'ajouter :

« La réforme de l'autonomie ne doit pas passer à la trappe, sinon on se retrouvera dans une situation ingérable et très coûteuse ».