Les aides-soignants travaillant dans les maisons de retraite toucheront une prime cette année. La mesure annoncée par la ministre de la Santé concernera les salariés des EHPAD. Elle ne vaudra par ailleurs que pour les aides-soignants du secteur public.

Agnès Buzyn a souligné que cette décision avait déjà été fixée avant le mouvement des gilets jaunes, expliquant qu'il s'agit d'un engagement inclus dans la feuille de route concernant la sortie de crise des EHPAD présentée fin mai 2018. À cette date, la ministre avait annoncé l'octroi de 360 millions d'euros, de 2019 à 2021, en réponse aux multiples grèves des personnels des maisons de retraite médicalisées survenues l'année dernière.


Mise au point sur la réforme RAC 0

Agnès Buzyn a également tenu à faire le point sur les incertitudes autour de l'évolution des prix des mutuelles du fait de la réforme 100 % santé. Craignant les répercussions d'une forte augmentation des cotisations en pleine crise des gilets jaunes, l'exécutif avait été ferme avec les mutuelles et les assurances à ce sujet en décembre dernier. La ministre a déclaré :

Je me suis fâchée parce que les mutuelles s'étaient engagées à ne pas augmenter leurs tarifs sur la réforme du reste à charge zéro. (...) Certaines mutuelles ont justifié leur hausse de tarifs en disant "nous prenons en compte la réforme du gouvernement". J'étais hors de moi parce que leur engagement était qu'en aucun cas la réforme – vu ce que ça leur coûte sur trois ans par rapport aux 34 milliards de ressources – ne justifie une hausse de prix.

Des mesures pour les personnes aux revenus modestes

La ministre de la Santé a toutefois admis l'augmentation du coût de la santé et indiqué ne pas pouvoir empêcher une augmentation des tarifs. Elle a également souligné l'effort fourni par les complémentaires afin de neutraliser la hausse des primes de mutuelle santé pour les contrats d'entrée de gamme en 2019. À noter que ceux-ci sont souscrits par plusieurs millions de personnes dont les ressources sont modérées.

En outre, Agnès Buzyn a annoncé qu'un million de personnes accèderont à la CMU-C contributive dès novembre prochain. Ce dispositif s'inscrit dans le cadre du programme anti-pauvreté. Il consiste en l'intégration de l'ACS, dont le taux de non-recours dépasse 50 %, à la CMU-C. Les personnes qui en bénéficieront apporteront une participation financière (1 euro par jour, c'est-à-dire pas plus de 30 euros par mois).

Revalorisation nécessaire des métiers dans les EHPAD

À la suite de 2 journées de mobilisation des salariés des EHPAD début 2018, Agnès Buzyn avait présenté un plan d'actions pourvu de moyens financiers visant notamment à recruter plus de personnels médicaux et soignants. Le 9 janvier dernier, elle a déclaré :

Je trouve qu'aujourd'hui la pénibilité dans ce travail au sein des EHPAD et des personnes très âgées et très dépendantes doit être reconnue. On voit qu'il y a un manque d'attractivité de ces professions.

La ministre de la Santé a par ailleurs ajouté :

1,2 million de fonctionnaires dans la fonction publique hospitalière. Il faut réfléchir à une attractivité des carrières (…). Peut-être ne faut-il pas augmenter le salaire de tout le monde mais réfléchir à reconnaître certaines pénibilités ou engagement particulier.