Prévenir les effets nocifs des traitements chimiothérapiques

Depuis plus d'un demi-siècle, les patients atteints de cancer sont traités à l'aide de certains médicaments à base de 5-FU. Même si ceux-ci sont reconnus comme étant des solutions anti-cancéreuses, ils peuvent produire des effets néfastes sur la santé des malades.

L'agence nationale qui traite les données sur les produits de santé indique d'ailleurs qu'en l'espace de dix ans, 1 500 sujets ont gravement souffert des effets indésirables de la chimiothérapie. Causés par un manque de dihydropyrimidine déshydrogénase (DPD) dans l'organisme, ils peuvent entraîner la mort.

Quelques familles ont appris que des tests pouvaient être préalablement réalisés pour éviter le pire. Elles ont donc porté plainte.


17 laboratoires se lancent dans des tests de dépistage

Permettant d'évacuer le 5-FU de l'organisme des patients, la DPD doit être présente en quantité suffisante pour qu'ils supportent la chimiothérapie. Néanmoins, ce n'est pas forcément le cas de tous les malades traités. Si le fluorouracile peine à être éliminé par l'enzyme, le médicament antimétabolite contribuera à la détérioration de la peau. Il impactera également le bon fonctionnement des muqueuses.

Comme cette situation a alerté l'ANSM, elle a préconisé, depuis le 28 février 2018, le recours à des tests de dépistage en vue de détecter une éventuelle carence en DPD. 17 laboratoires affiliés à des établissements hospitaliers procèdent déjà de la sorte, et ce, depuis avril 2018.

Parmi les professionnels adoptant actuellement cette pratique figure le service de pharmacologie du centre hospitalier de Limoges.

Bientôt un test préalable pour les personnes atteintes du cancer de l'estomac ?

Tout comme la HAS, l'INCa a également recommandé l'inscription d'une méthode de dépistage susceptible de prévenir les effets nocifs des chimiothérapies. Ainsi, la recherche de solutions alternatives aux traitements actuels à base de 5-FU fait partie des ambitions des cancérologues.

La déposition des requêtes par les familles de patients devant la justice va-t-elle accélérer les recherches ? La souscription d'une assurance décès en faveur des proches saura-t-elle apaiser la conscience du malade au cas où les autorités compétentes tardent à réagir ?

Parmi les quatre victimes dont les familles ont porté l'affaire devant le Parquet, trois sont décédées. Afin que les lourds traitements puissent profiter aux bénéficiaires, les oncologues ne s'opposent pas à l'idée de démocratiser les tests en question.

En revanche, ils ne sont pas pris en charge par la Sécurité sociale. D'après l'INCa, les patients ayant reçu des médicaments à base de fluorouracile se soignent par exemple contre les maladies digestives.