Un mois sans alcool parmi les mesures pour inciter les Français à moins boire

Une initiative ciblant en priorité les 20 % de consommateurs excessifs

En France, l'alcool continue à être responsable de près de 50 000 décès chaque année. Or, le plan mis au point par les pouvoirs publics pour réduire les addictions a été jugé décevant sur ce sujet. Aussi, plusieurs associations font front pour réclamer des actions concrètes au regard des enjeux.

Le Fonds Actions Addictions, le F2A, l'ANPAA l'association nationale de prévention en alcoologie et le groupe de mutuelles VYV ont participé à une rencontre parlementaire sur le thème de la prévention. En effet, leur objectif principal est d'aider les Français à boire moins à défaut d'arrêter totalement. Ils réclament notamment l'instauration d'un « mois de janvier sobre » reprenant le principe du mois sans tabac.


Leur démarche cible en priorité les personnes à la consommation excessive et qui souffrent d'une dépendance à l'alcool. En effet, selon le Fonds Actions Addictions,

un peu moins du quart de la population achète 80 % de l'alcool vendu à travers le territoire et permet aux alcooliers d'engranger des bénéfices substantiels.

Ces mêmes 20 % de consommateurs sont les victimes de maladies diverses dues à leur addiction, ce qui explique que les actions de prévention soient d'abord focalisées sur eux.

La taxation de la publicité, une autre mesure phare de la lutte contre l'alcoolisme

Parmi les mesures discutées lors de la rencontre, les associations et les mutuelles plébiscitent également la taxation de la publicité des boissons alcoolisées. Pour mémoire, cette proposition avait déjà été soumise au moment du vote du projet de loi de financement de la sécurité sociale, mais n'avait pas été retenue.

À l'époque, un collectif de spécialistes de la santé publique avait écrit à la ministre de la Santé, demandant une plus forte taxation de l'alcool, par exemple suivant un barème proportionnel à la quantité d'alcool. La mesure visait non seulement à en décourager la consommation, surtout par les plus jeunes, mais aussi à financer la prévention et les soins.

La fixation d'un prix minimum de vente par unité figurait également au nombre des mesures.

Mais les médecins comme les associations se heurtent pour l'heure à différents obstacles, dont des règles fiscales complexes, mais surtout à la puissance des lobbys viticoles.