Le président Macron a fait du remboursement intégral des dépenses relatives aux soins onéreux, notamment les poses d'implants auditifs et dentaires et l'achat de lunettes à verres correcteurs, son cheval de bataille lors de sa course à la présidentielle. Ce dispositif ayant enfin vu le jour cette année pour être effectif d'ici 2021 devrait renforcer l'accès à la santé de la population.

Sauf qu'il a récemment fait l'objet d'inquiétudes, tant au niveau des professionnels du domaine, des assureurs qu'au niveau des assurés quant à la part de responsabilité de tout un chacun.

L'étude menée par le ROF (Rassemblement des opticiens de France) a rassuré les complémentaires santé sur l'importante économie qu'elles pourront réaliser, sur cette branche.


Des économies générées sur le poste de dépenses optique

La réforme 100% santé est une solution efficace permettant aux ménages français d'accéder à des soins dont ils ont auparavant préféré se passer du fait d'une couverture insuffisante. Mais les avantages découlant de ce dispositif ne concernent pas uniquement les assurés, les distributeurs de protections complémentaires pourront aussi y trouver leur compte.

Le poste optique serait la source de cette bonne nouvelle, selon le cabinet d'études indépendant Xerfi qui a analysé quelque 55 000 factures, dont les destinataires n'ont pas été révélés. De cet échantillon ressort une économie annuelle estimée à 289 millions d'euros. Il faut dire, en effet, que la diminution du plafonnement des montures de lunettes à 100 euros (contre 150 euros jusqu'à fin décembre 2019) y sera pour beaucoup.

À cela s'ajoute la réduction du TM (ticket modérateur) dont le financement est à la charge des OCAM (organismes d'assurance maladie complémentaire), que cette réforme sur le remboursement des soins enclenchera. À savoir, ce repli devrait s'élever jusqu'à 77,4 millions d'euros par an.

Quoi qu'il en soit, une hausse de certaines prises en charge est toujours à prévoir. Deux postes de dépenses sont d'ailleurs regardés de près :

  • Celui concernant les remboursements des patients n'ayant jamais eu à acheter des lunettes avant l'entrée en vigueur de la réforme qui remonteraient à 10,6 millions d'euros ; 
  • Celui de la couverture des renouvellements des correcteurs qui coûterait 1,6 million d'euros aux assureurs.

À la rescousse du secteur dentaire et de l'audition

Enfin de compte, les économies que les distributeurs de complémentaire santé pourront espérer réaliser sur le poste optique s'élèveront à hauteur de 354 millions d'euros. Un chiffre qu'a confirmé le syndicat des opticiens représenté par 80% de ces professionnels.


Cette importante somme devrait combler les pertes engendrées par la hausse flagrante de remboursements que subiront les OCAM en termes d'audioprothèse et de pose d'appareils dentaires. En tout cas, c'est ce que les autorités publiques avaient prévu. Ceci devrait également atténuer les tensions existant entre les assureurs et ces dernières depuis mi-décembre dernier, suscitées par :

  • La remontée des tarifs de cotisations concoctée par les compagnies, d'une part ; 
  • La pression du gouvernement pour la modération de cette hausse, d'autre part.