Les bienfaits de la présence animale sur les patients belges

Nombreuses peuvent être les raisons qui poussent certaines structures à avoir recours à des animaux domestiques en tant qu'« aides-soignants ».

Ils peuvent servir à distraire les personnes malades quel que soit leur âge, à réconforter les plus esseulés ou à aider un patient à gérer ses troubles psychologiques. Ces animaux apportent-ils réellement des bienfaits aux patients ?

En tout cas, il apparaît difficile d'établir un lien direct entre les bénéfices potentiels et la santé des sujets qui reçoivent la visite régulière d'un animal de compagnie. Cela étant, un bâtiment est réservé à l'accueil des animaux domestiques à l'Universitair Ziekenhuis Brussel.


De la prévention à la thérapie

À partir du moment que l'état de santé du patient lui permette de côtoyer des animaux, il peut profiter des bienfaits que procure la présence des animaux de compagnie. Avec la présence d'un chien d'éveil, certains enfants autistes sont plus susceptibles de s'adapter à leur environnement. La relation privilégiée construite avec un animal pourra par exemple aider une personne introvertie à aller davantage vers les autres.

Des chiens d'alerte sont aussi dressés afin d'accompagner les personnes épileptiques ou souffrant de diabète au quotidien. En développant leurs capacités sensorielles, ces animaux sont à même d'anticiper les éventuelles crises.

Dans l'Hexagone, ce concept s'applique progressivement. Mais le compagnon à poils ne doit en aucun cas être réifié ou robotisé. Le libre-arbitre joue un rôle prépondérant dans la relation qui se crée avec le patient.

Quant à la villa Samson de l'Universitair Ziekenhuis Brussel, qui a ouvert le 1er décembre dernier, les instants réconfortants passés avec les animaux permettent aux patients d'oublier leur hospitalisation. Divertissante et réconfortante, la présence d'un chien ou d'un chat de compagnie peut aussi apaiser les patients y séjournant pour une longue durée.

La villa ne manque pas non plus de faire plaisir aux sujets en soins palliatifs. Elle les laisse passer quelques temps avec l'animal qu'ils ont chéri toute leur vie, avant qu'ils ne rendent l'âme.


Depuis son lancement, la structure a accueilli environ 1 000 patients. L'enceinte ouverte aux animaux est le lieu de résidence de deux chats. En revanche, d'autres animaux de compagnie (dont ceux des patients même) peuvent accompagner les professionnels dans leur pratique. Jusque-là, un tiers d'adultes et deux tiers d'enfants y ont été aidés.

Les infirmiers et les assistants sociaux peuvent devenir zoothérapeutes

Comme l'énonce le Service d'Information sur les Études et les Professions (SIEP), la zoothérapie peut se présenter sous différentes formes. D'une part, la thérapie assistée par l'animal (TAA) est une pratique individuelle permettant de traiter par exemple les troubles du comportement ou de calmer les sensations de stress.

Elle consiste, en effet, à faire un travail sur la personnalité. Cette pratique peut également aider les personnes souffrant de troubles alimentaires et les sujets atteints de troubles psychiques. Les nouveaux animaux de compagnie comme les perroquets feront-ils aussi leur entrée dans des structures dédiées ? Dans ce cas, les spécialistes de l'assurance animaux devront s'adapter.

D'autre part, les activités assistées par l'animal (AAA) peuvent rendre le séjour des patients plus joyeux, tout en contribuant à leur épanouissement personnel.

Par exemple, la présence d'un chien dans un établissement spécialisé pour personnes âgées peut amener les résidents à se déplacer, réduisant leur perte d'autonomie. Ils peuvent s'activer davantage en jouant avec l'animal domestique ou en le nourrissant.


Les assistants sociaux, les animateurs et les éducateurs peuvent animer une AAA, tandis que les professionnels ayant suivi une formation basique en tant qu'infirmiers, ergothérapeutes ou psychologues peuvent pratiquer une TAA.

L'idée consiste à inclure les interactions du patient avec l'animal domestique dans la pratique professionnelle. Un référant présent sur place est supposé accompagner le zoothérapeute lorsqu'il est question de pratiques récréatives.

Si la compagnie d'un animal peut rasséréner des patients, il est difficile de démontrer de manière scientifique, un éventuel lien de cause à effet entre l'état du malade et la présence du chien ou du chat. Les retombées positives découlent d'ailleurs de la qualité des interactions avec l'animal et sont donc propres à chaque patient.