La France avance à pas sûr vers une meilleure couverture des prothèses capillaires

Le combat contre le cancer est si violent qu'il porte même atteinte à la féminité à cause des effets secondaires de la chimiothérapie qui se traduisent essentiellement par une perte de cheveux. Le recours à des prothèses capillaires, loin d'être un luxe, permet de regagner son estime de soi. Toujours est-il que cette solution coûte une fortune au patient et le plafond de la prise en charge de la Sécurité sociale quelque peu limité.

Une problématique qui s'apprête à être résolue, car depuis le début de ce mois, certaines perruques destinées aux personnes cancéreuses sont mieux remboursées. L'absence de prise en charge pour les prothèses onéreuses constitue toutefois un petit bémol, à en croire l'avis de la Ligue contre le cancer qui appréhende l'attentisme des mutuelles.


Un produit parfois coûteux qui mérite qu'on se penche dessus

La chevelure fait partie de l'identité de tout un chacun. Elle permet entre autres d'être en accord avec l'image qu'on essaie de transmettre aux autres. Et c'est ce dernier point qui se trouve pénalisé lors d'un traitement par chimiothérapie, dont l'effet secondaire est la perte inévitable des cheveux. Une militante a fait valoir que :

Le cancer, c'est une série de pertes de la féminité dont celle des cheveux est la plus visible. Essayer de garder le visage qu'on avait avant, cela vous tire vers le haut.

C'est la raison pour laquelle le recours aux prothèses capillaires bat son plein actuellement, à raison de 50 000 achats par an, dont les 90% sont effectués par des femmes. Toujours est-il que ces produits peuvent être parfois extrêmement coûteux alors que 125 euros seulement sont remboursés par l'Assurance maladie. Ce qui revient à un éventuel déboursement de sa propre poche d'une importante somme à défaut d'une complémentaire santé.

Un désagrément qui sera bientôt pallié étant donné la mesure prise par la Sécurité sociale et appliquée depuis le 2 avril dernier. Elle concerne notamment le renforcement du plafond de remboursement des perruques. Une décision qui promet d'être réjouissante pour les défendeurs des droits des malades. À Céline Lis-Raoux, dirigeante de l'association RoseUp d'exprimer d'ailleurs son enthousiasme :

Ces avancées qui vont bien au-delà de l'engagement du dernier plan cancer de doubler les remboursements.

Jusqu'à 100% de remboursement

Ainsi, depuis le début avril, la prise en charge des prothèses capillaires des personnes cancéreuses a été renforcée. Certains types de perruques, notamment celles en fibres synthétiques (de classe 1) vont même bénéficier d'un remboursement intégral. Et pour cause, la Sécu remboursera leur achat à raison d'un plafonnement de 350 euros pour un tarif ne devait pas dépasser cette somme.

Celles contenant 30% de cheveux naturels (de classe 2), quant à elles, seront remboursées à hauteur de 250 euros pour un prix pouvant remonter jusqu'à 700 euros. Une condition qui trouve solution dans la détention d'une couverture complémentaire, entre autres la mutuelle obligatoire offerte par son employeur.


L'inconvénient de cette réforme serait le non-remboursement des perruques en cheveux naturels coûtant plus de 700 euros (entre 800 et 2 000 euros). Céline Lis-Raoux le qualifie tout bonnement d'inadvertance. De son côté, la Ligue contre le cancer plaint les adolescentes qui donnent plus d'importance à leur image. L'association appréhende d'ailleurs le repli des mutuelles en cas de retrait de l'Assurance maladie. D'après le responsable du pôle plaidoyer de la Ligue, Emmanuel Jammes :

cela laisse penser que les femmes qui font des demandes supérieures à la norme ont les moyens [...] un produit de luxe alors qu'elle correspond à un véritable besoin.