Des soins primaires équitables d’ici 2023 dans le monde ?

Selon un rapport de l'Organisation mondiale de la santé, la durée de vie des populations, à l'échelle mondiale, s'est accrue de 5,5 ans entre 2000 et 2016. Durant cette même période, l'espérance de vie en santé franchit la barre des 60 ans et plus, alors qu'elle était de 58,5 ans au tout début du 21e siècle.

Mais qu'en est-il des tendances lorsque les chiffres sont ventilés en fonction des genres ? En allant dans ce sens (pour la première fois d'ailleurs), l'agence spécialisée des Nations Unies espère apprendre davantage sur les besoins des hommes et des femmes du monde entier en matière d'accès aux soins primaires.


L'accès aux services de santé diffère selon le genre et le revenu

Dans les pays où les populations sont majoritairement pauvres, la durée de vie n'excède pas celle des pays développés, où les gens vivent 18,1 ans de plus. Par ailleurs, un enfant sur 14 y perd la vie avant même de pouvoir fêter ses 5 ans.

Un cas de décès maternel sur 4 y est également observé. En effet, les professionnels de santé ne desservent pas en nombre suffisant par rapport à la densité des populations (4 pour 1 000 habitants). Cette situation concerne 90 % des pays en voie de développement. Le revenu impacte donc considérablement l'espérance de vie.

Parmi les raisons principales qui entraînent les décès figurent les problèmes d'accès aux soins. Sur les 40 facteurs de risque, 33 d'entre eux exposent davantage les hommes que les femmes en 2016. En même temps, elles consulteraient plus que les hommes, en partant de l'hypothèse qu'ils souffrent de la même pathologie.

L'OMS veut démocratiser le recours aux soins primaires

Dirigeant l'agence, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus aspire à ce que tous, sans distinction de genre, puisse utiliser les services de soins. L'assurance santé jouera-t-elle un rôle dans la démocratisation de la pratique en rendant les coûts plus abordables ?

L'un des objectifs du triple milliard de l'OMS est de faire en sorte qu'un milliard de personnes supplémentaires bénéficient de la couverture sanitaire universelle d'ici 2023.

Qu'il s'agisse de traiter la tuberculose ou le VIH, les hommes font moins souvent appel aux établissements de soins, ce qui justifie la durée de vie plus courte par rapport aux femmes. Justement l'écart se creuse dès lors qu'elles ont accès aux soins qu'elles demandent.

Le rapport insiste sur l'importance de l'accès aux services de santé partout dans le monde. De cette façon, il sera davantage aisé de soigner les pathologies non transmissibles et de contribuer à la diminution des facteurs de risques. C'est ce qu'a révélé la Docteure Samira Asma, qui seconde le directeur général de l'OMS.