Marseille veut limiter la circulation des voitures en centre-ville

À Marseille, les élus veulent mettre un terme à la prédominance de la voiture. Pour ce faire, ils ont mis en place diverses mesures telles que la piétonnisation de certaines avenues, la diminution de voies au niveau des grands axes ou encore le développement des modes de déplacement sans moteur.

La commune veut restreindre la circulation des voitures dans son centre-ville. D'ailleurs, il suffit de se référer au vaste plan de requalification en cours pour le constater. Les travaux pour la création d'une piste cyclable sur la corniche Kennedy donnent déjà aux riverains et automobilistes un aperçu de ce que sera la circulation sur voies réduites.

Appréhensions des Marseillais

Sur la corniche Kennedy, une voie de circulation a été supprimée dans le sens Malmousque-David. Les travaux en cours pour la limitation de la circulation de la voiture suscitent des inquiétudes chez les Marseillais. Un conducteur estime :

Passer de deux voies à une voie, ce sera très compliqué.

Pour leur part, les commerçants craignent que cette restriction ne fasse diminuer le nombre de leurs clients. La gérante d'une épicerie explique :

S'il y a moins de voitures, c'est embêtant, car les gens s'arrêtent en passant et viennent vite faire leurs courses.

De son côté, une employée souligne que la ville est mal desservie si bien que l'interdiction de circuler en voiture pourrait être problématique. Ayant déjà essayé de se rendre à son travail en prenant des transports en commun, elle déclare :

Résultat, j'ai mis 1h30 pour faire 6 km au lieu de 25 minutes en voiture, même avec des embouteillages.

Des alternatives pas assez convaincantes

Sur la rocade du Jarret, la fréquentation automobile diminuera de 20 à 30 % avec la suppression d'une voie pour les voitures. Celle-ci sera remplacée par une large place destinée aux vélos et aux transports en commun. Il en va de même pour le cours Lieutaud qui perd aussi une voie de circulation. À Marseille, les voitures sont donc vouées à se raréfier au profit d'alternatives plus propres. Les conducteurs qui envisagent de se séparer de la leur devront procéder à une résiliation assurance.

Les élus expliquent ces choix par la pollution de la ville. Ils soulignent qu'il existe désormais des alternatives permettant de la contourner tels que les tunnels, l'autoroute L2 Est et Nord, le BUS (boulevard urbain Sud) qui sera achevé en 2022 ou encore les prolongations de tramway vers le nord et vers le sud dont les travaux débuteront l'an prochain. Malgré tout, ces infrastructures ne suffisent pas à convaincre les automobilistes qui sont obligés de traverser la ville pour aller travailler.