La mauvaise alimentation provoquerait près de 20 % des décès dans le monde

D'après un article paru dans The Lancet début avril, la mauvaise alimentation était à l'origine de près d'un décès sur cinq dans le monde en 2017. Concrètement, cela représente environ 11 millions de personnes.

Par « mauvaise alimentation », l'étude met en avant des apports insuffisants en fruits et en céréales, ainsi que des excès en sucre, en sel, en viande et en graisses saturées.

La majorité des décès ont été provoqués par des pathologies liées à la nourriture comme le diabète, les maladies cardiovasculaires ou les cancers.

Outre une alimentation déséquilibrée, ces affections sont elles-mêmes associées à d'autres conditions, répandues à l'échelle mondiale, telles que la sédentarité et l'obésité.


La suralimentation concerne environ 2 milliards d'individus

Fin janvier 2019, un rapport de recherches a mis en avant pour la première fois le lien entre l'obésité, la sous-alimentation et le changement climatique. D'après les scientifiques :

Ces trois phénomènes interagissent : le système alimentaire est non seulement responsable des pandémies d'obésité et de dénutrition, mais génère aussi 25 % à 30 % des émissions de gaz à effet de serre.

Les auteurs de l'article estiment donc que ces trois problèmes devraient être gérés simultanément et de manière globale afin d'obtenir des résultats tangibles et durables. Par ailleurs, il devient impératif d'encadrer davantage les multinationales agroalimentaires à l'instar de l'industrie du tabac.

L'étude parue récemment, pour sa part, rappelle l'enjeu sanitaire représenté par le déséquilibre alimentaire à l'échelle mondiale. 

Ce travail s'est notamment focalisé sur des données provenant de 195 pays. Les chercheurs ont ainsi constaté que plus de 50 % des décès enregistrés en 2017 ont été provoqués par des carences en lait, en céréales complètes, en graines et en noix.

Parallèlement à ces carences, une grande partie de la population mondiale avait, en revanche, tendance à consommer trop de viande transformée, de sel et de boissons sucrées.

D'ailleurs, selon des rapports des Nations unies, environ un milliard de personnes sont victimes de malnutrition tandis que près de deux milliards se trouvent en situation de suralimentation.


Des résultats variant sensiblement d'un pays à l'autre

La souscription d'une assurance décès nécessite souvent quelques informations sur les antécédents médicaux et le mode de vie du client. Il s'agit d'une étape décisive, car elle permet d'évaluer les risques pour l'assureur.

Les conditions de santé liées à une mauvaise alimentation ou à une mauvaise hygiène de vie font ainsi partie des facteurs susceptibles d'influer sur le contenu ou la possibilité même du contrat.

L'article publié dans The Lancet a été coécrit par Christopher Murray, le directeur de l'Institut de métrologie et d'évaluation de la santé (IHME), un organisme rattaché à l'Université de Washington. Le chercheur souligne :

Cette étude montre ce que nous sommes nombreux à penser depuis des années : une mauvaise alimentation est responsable de davantage de morts qu'aucun autre facteur de risque au monde.

Cela dit, il existe d'importants écarts entre les régions. L'Afghanistan et l'Ouzbékistan figurent parmi les pays affichant le plus grand nombre de décès dus à une mauvaise alimentation, avec un taux d'environ 892 décès pour 100 000 habitants.

D'un autre côté, la France, le Japon, l'Espagne et Israël font partie de ceux qui présentent les proportions les plus faibles, à raison de 89 décès pour 100 000 habitants.

Toutefois, les auteurs de l'article admettent l'existence d'une certaine disparité dans la collecte d'informations sur les régimes alimentaires.

Par exemple, les données concernant l'obésité étaient assez faciles à obtenir dans près de 95 % des pays tandis que celles sur le sodium étaient seulement disponibles dans 25 % des cas.

De plus, les scientifiques mentionnent la difficulté à établir un lien de causalité directe entre les décès et l'alimentation. En effet, il n'est pas évident de parvenir à un niveau de certitude similaire à d'autres comportements à risque comme l'alcoolisme ou le tabagisme.