Les individus à faible revenu sont les moins couverts

Selon le service statistique des ministères sociaux, dans l'édition 2019 de son Panorama des complémentaires santé,

« Les personnes sans activité professionnelle fixe, les jeunes sans emploi… constituent la majorité des non affiliés aux complémentaires santé. Cet état de fait est généralement lié au revenu ».

S'offrir une mutuelle est difficile pour les personnes ayant des difficultés financières.

Selon les chiffres de la Drees,

« 5 ans auparavant, 16 % des chômeurs et 9 % des ménages sans revenu étaient non assurés contre 2 % à 3 % des employés à revenu fixe ».

Depuis 2016, avec l'obligation de la complémentaire santé par les entreprises du secteur privé, les couvertures des travailleurs ont été améliorées, mais ces derniers ne sont pas toujours mieux protégés.


À la suite de cette réforme, la proportion de « non-couverts » n'aurait reculé que de un point.

Un manque d'informations concernant les aides

L'enquête de la Drees remet également en cause la méconnaissance des dispositifs d'aide. Ainsi, les Français sans couverture santé complémentaire atteindraient les 4,5 millions. Ce chiffre inclut les personnes qui pourraient éventuellement bénéficier de la CMU-C (couverture maladie universelle complémentaire) ou de l'ACS (aide au paiement d'une complémentaire santé), mais qui sont peu ou pas informés de ces possibilités.

Pour accroître les taux de recours aux complémentaires santé, une unification de la CMU-C et de l'ACS est prévue vers fin 2019. Le but est de donner naissance à une CMU « contributive ».

La concentration du marché profite aux sociétés d'assurances

Par ailleurs, la Drees a également noté une transformation notable du marché des complémentaires santé. La forte concurrence entre les mutuelles, les organismes de prévoyance et les compagnies d'assurance d'une part et les réformes réglementaires imposées par le gouvernement d'autre part ont conduit à de nombreuses alliances et absorptions.

De 2001 à 2017, le nombre d'organismes spécialisés dans la santé complémentaire est passé de 1702 à 474, avec une forte présence des compagnies d'assurances classiques.