Noter les antécédents numériques

Ce concept innovant est proposé par « Ant Financial », filiale d'Alibaba et grand patron de la solution de paiement Alipay. L'accès à cette mutuelle est réglementé.

Outre les cotisations traditionnelles, les antécédents numériques des impétrants sont pris en considération :

  • les informations disponibles sur les réseaux sociaux ; 
  • les habitudes d'achats ; 
  • les historiques de paiements ; 
  • etc.

 

Une analyse automatique des antécédents numériques, positifs ou négatifs, des adhérents détermine leur profil de confiance.

À l'issue de cet examen, les candidats reçoivent un crédit de points. Les meilleurs profils peuvent espérer gagner des séjours gratuits dans des hôtels ou se voir accorder des prêts.


Pour bénéficier de cette mutuelle santé, l'impétrant doit obtenir au minimum 600 points de crédit.

Pour déterminer la note, l'algorithme prend en considération l'ensemble des données numériques concernant l'adhérent, et va jusqu'à fouiller dans le big data.

Aucun détail n'est laissé au hasard, l'algorithme note même le rang social et les relations des impétrants avec leurs amis, le respect des clauses des contrats auxquels ils s'engagent, les situations financières, les contributions sur les sites de rencontres…

Une intrusion qui ne dérange pas

Bien que beaucoup jugent ce système intrusif, les adhérents se plient volontiers à ces conditions. Depuis son lancement en octobre dernier, la mutuelle de santé a acquis 50 millions d'adhérents.

D'ici 2021, elle espère atteindre les 300 millions d'usagers.

« Un objectif ambitieux, mais tout à fait réalisable étant donné la prestation offerte et le montant des cotisations mensuelles »

Estiment les observateurs.

En effet, celles-ci sont plafonnées à 188 yuans, l'équivalent de 25 euros. Cette couverture santé complémentaire peut être sollicitée en cas de maladies lourdes, comme certains cancers, la maladie d'Alzheimer, les problèmes cardiaques et même le sida sous certaines réserves.

Ses fondateurs présentent Xianghù Bao comme une œuvre sociale.

L'objectif étant de permettre aux ruraux et aux habitants des villes moyennes d'accéder à une assurance de santé complémentaire.

Selon les chiffres avancés, 31 % des assurés sont originaires de petites communes ou de villages, et 47% sont des migrants intérieurs.