Les inégalités entre les genres se creusent en matière de santé au travail
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Les inégalités entre les genres se creusent en matière de santé au travail

Les maladies professionnelles et les accidents du travail concernent davantage les femmes que les hommes. Ce constat est basé sur les données de sinistralités enregistrées par la Caisse nationale de l'assurance maladie (Cnam) depuis 2012. L’Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail (Anact) met en lumière les inégalités existant encore entre les genres dans le secteur du travail français.

Les inégalités entre les genres se creusent en matière de santé au travail

Eu égard aux sensibilisations en la matière, de nombreuses entreprises s'efforcent d'appliquer concrètement l'égalité hommes-femmes. Cette initiative se focalise essentiellement sur l'égalité des rémunérations, mais aussi sur la parité au niveau des postes à responsabilités. Toutefois, face à ces sujets sensibles et souvent polémiques, la question de la santé au travail se retrouve souvent négligée.

D'après l'Anact, les inégalités entre femmes et hommes dans ce domaine ont tendance à se creuser. En effet, il se trouve que les femmes sont plus touchées par les problèmes de santé que leurs homologues masculins. Elles sont également plus nombreuses à s'absenter pour des raisons de santé.


Les arrêts de travail sont plus courants chez les femmes

Outre les chiffres fournis par la Cnam, l'Anact a également analysé les travaux de la Dares (Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques) concernant les arrêts de travail causés par une maladie ordinaire. Les femmes seraient plus concernées par ce phénomène selon l'étude.

D'après la responsable du département Expérimentation, développement, outils et méthodes de l'Anact, Florence Chappert :

« Sans comptabiliser les congés maternité et paternité, les femmes s'absentent 30 à 40 % de plus que les hommes. Cela s'explique en partie par les congés maladies précédant la maternité : les conditions et les rythmes de travail sont rarement aménagés, et font peser un risque pour la santé de l'enfant et de la mère. Mais nous expliquons surtout cet écart par l'exposition des femmes dans leurs emplois à de fortes contraintes de travail, et non pas comme on le dit souvent à cause des enfants ».

D'autre part, les risques psychosociaux sont particulièrement importants pour les ouvrières et les non-cadres. L'Anact cherche par ailleurs à alerter l'opinion sur le sujet.

En effet, comme l'indique la responsable de l'Anact :

« Ce qui est en cause, c'est le manque d'autonomie qu'elles ont dans leur travail. Ce sont aussi les agissements sexistes et les violences sexuelles qui concernent bien plus de femmes que d'hommes. Tous ces éléments peuvent avoir un effet direct sur la santé ».

Le gouvernement s'investit beaucoup dans la lutte contre les violences faites aux femmes ainsi que la promotion de l'égalité des salaires entre femmes et hommes. D'ailleurs, il s'agit d'une des priorités de l'Exécutif. Logiquement, les entreprises devraient suivre le mouvement. Toutefois, la santé au travail risque encore d'être exclue de cette démarche.


Les femmes risquent davantage de développer des TMS

L'efficacité de l'assurance santé repose sur la considération de différents paramètres, incluant les facteurs de risques et aggravants. Pour mieux aider les salariés, il est important d'analyser les conditions de travail associées à chaque profil, en tenant compte du poste occupé.

Selon Florence Chappert :

« Ces quinze dernières années, entre 2001 et 2016, nous observons une diminution globale des accidents du travail. Mais si l'on procède à une analyse plus fine, on constate qu'ils baissent de 30 % chez les hommes et augmentent dans les mêmes proportions (30 %) chez les femmes, même si les hommes restent en 2016 deux fois plus accidentés que les femmes ».

Cette différence grandissante peut notamment s'expliquer par une certaine méconnaissance des postes occupés par les femmes dans le monde de l'entreprise. Elles effectuent en effet des tâches qui ne sont pas toujours identifiées ou reconnues par la profession. De ce fait, les entreprises prennent rarement en compte les risques liés à ces postes dans leur démarche de prévention.

L'Anact a également constaté que, par rapport aux hommes, les TMS (Troubles musculo-squelettiques) tendent à progresser significativement chez les femmes. En effet, ces dernières affichent une augmentation des cas de 145,2 % contre 71,5 % chez la gent masculine. De plus, les ouvrières semblent être les plus touchées par ces maladies professionnelles.

D'après l'Anact :

« Dans des secteurs à prédominance féminine, comme le nettoyage, la grande distribution ou l'agroalimentaire, les femmes sont confrontées, davantage que les hommes, à des tâches répétitives, fortement cadencées et usantes à la longue, ce qui est source de TMS ».

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