Michel Le Van Quyen, chercheur en neuroscience, explique les bienfaits du silence pour le cerveau humain dans son nouveau livre. La recherche qu'il a effectuée est le résultat d'une expérience personnelle qu'il a vécu il y a deux ans.

Victime de surmenage, le neuroscientifique a été frappé de paralysie faciale. Après un repos prescrit par les médecins, il finit par être entièrement rétabli et décide de mener des recherches pour comprendre ce qu'il a traversé. À l'issue de celles-ci, le scientifique publie un livre intitulé « Cerveaux et Silence » dans lequel il explique les effets positifs du silence sur la santé.


Le silence comme traitement thérapeutique

En plein régime, le cerveau consomme beaucoup d'énergie, notamment une grande quantité de glucose. Cette consommation produit ensuite des déchets, entre autres des protéines, qui s'amassent et que le cerveau ne peut pas éliminer à cause de l'absence d'un système lymphatique.

Pour assurer l'évacuation de ces toxines, le cerveau fait appel à des cellules spécifiques appelées cellules gliales qui se débarrassent des déchets par l'intermédiaire du liquide céphalo-rachidien.

Cette méthode d'évacuation a été découverte en 2012 par la chercheuse américaine Maiken Nedergaard. Suite à ces recherches, la scientifique a également constaté que l'évacuation de ces déchets est plus efficace quand le cerveau se repose, surtout durant le sommeil.

Cette douche cérébrale constitue ainsi un processus primordial pour le bien-être, d'où l'importance du calme et du sommeil. En plus d'aider énormément à se ressourcer, le silence favorise la construction de soi et la créativité.

Le stress au travail de plus en plus courant

D'après une étude de l'assurance-maladie, les affections psychiques liées au travail sont aujourd'hui en augmentation constante. En effet, de plus en plus de salariés sont sujets au stress et aux troubles de l'attention. Il convient alors de se renseigner auprès de son assurance santé sur les prises en charge pour ce type de problème.


Le neuroscientifique Michel Le Van Quyen s'est appuyé sur l'étude établie par Gloria Mark sur les open spaces pour argumenter son ouvrage. Cette professeur au Département d'Informatique de l'Université de Californie a établi que le temps de concentration d'un salarié est en moyenne de 11 minutes. Si la tâche est interrompue par un quelconque événement extérieur, il faudra 25 minutes de plus au salarié pour retrouver sa concentration.

Ces interruptions accumulées sont dues à ce que les scientifiques appellent une surcharge cognitive. La plupart des employés ont le sentiment d'avoir trop de choses à gérer, ce qui provoque un sentiment de stress pouvant aboutir à la douleur physique dans les cas les plus graves.

Outre cette conséquence catastrophique sur le cerveau, le surmenage peut aussi produire des effets néfastes sur le système cardio-vasculaire et immunitaire. Prendre le temps de se déconnecter est ainsi très important pour la santé physique et psychique.