L’Assurance maladie se mobilise pour garantir la continuité du dépistage du cancer colorectal

À mesure que l'âge avance, la santé se décline. Tout être humain doit se plier à ce fait inéluctable. C'est la raison pour laquelle certains dépistages de maladie sont impératifs une fois le 50ème printemps passé. Celui du cancer colorectal notamment est généralisé depuis une décennie pour la tranche d'âge de 50 à 74 ans.

Toujours est-il qu'une rupture de stock, pour quelques raisons juridiques en matière de renouvellement du marché, inquiète aujourd'hui les acteurs du secteur santé. Une situation que l'Assurance maladie se veut de gérer à travers diverses solutions, telles que des recherches de marché transitoire, une mise en œuvre d'un dispositif de commandes en ligne ainsi qu'un inventaire auprès d'éventuels dépositaires.


L'approvisionnement continuel des tests est menacé

Depuis 2009, les acteurs du secteur santé ont pris conscience des risques d'expansion du cancer colorectal et les dangers qu'il provoque. Il faut dire que 45 000 cas liés à cette maladie sont recensés tous les ans. Ce qui le propulse au 3ème rang dans le classement des cancers les plus fréquents. Il est même classé 2ème parmi les plus meurtriers. Ainsi, pour le contrer de manière plus efficace, des tests immunologiques sont distribués, depuis cette date, aux individus âgés entre 50 et 74 ans.

Dans ce cadre, un contrat de production est signé entre un laboratoire et l'Assurance maladie dont le renouvellement se fait régulièrement. Sauf qu'aux dernières nouvelles, trois des laboratoires postulants qui ont essuyé un refus pour leurs offres ont eu recours à la justice et la décision du juge administratif des référés précontractuels rendue en début avril a suspendu le processus.

Le non-aboutissement de la passation du nouveau marché concernant la fourniture et la lecture des tests immunologiques a conduit à une pénurie imminente des outils de dépistage, comme l'a avoué une porte-parole de la caisse d'assurance maladie :

« Certaines structures régionales de dépistage commencent à manquer de tests ».

Une prise d'initiative sans équivoque

Devant ce fait, la réaction de la Cnam ne se fait pas attendre. L'entité a pris en main la situation, à commencer par faire appel auprès du Tribunal. Mais même si une nouvelle procédure d'appel d'offres a été lancée en vue de voir arriver de nouveaux approvisionnements de tests et de solutions d'analyse, prévus d'ici 31 fin décembre 2019, une rupture de stock est toujours envisageable.


À l'Assurance maladie alors d'expliquer l'issue de secours qu'elle va entreprendre :

« Afin de prévenir toute interruption du dépistage, également de prendre une mesure d'urgence destinée à assurer la continuité du dispositif, en concluant un marché transitoire de fourniture de kits de dépistage immunologique et de gestion de la solution d'analyse […] Les livraisons de kits aux professionnels de santé et aux centres régionaux de coordination et de dépistage des cancers reprendront à partir du 21 juin 2019. Le dispositif de commandes en ligne des kits sera réactivé, à cet effet, dès le 31 mai prochain ».

En attendant la nouvelle vague de provisions, un inventaire auprès des professionnels médicaux sera effectué, ainsi qu'une analyse des zones auprès desquelles les stocks vont être réattribués. Selon le porte-parole de la Cnam :

« Nous sommes en train de faire le recensement des tests, car un grand nombre a été diffusé sur le territoire et nous pensons qu'une partie se trouve chez les médecins […] réaffecter les stocks dans les zones où il en manque et déterminer les zones prioritaires ».