L'obtention du permis de conduire et la conduite de sa première voiture constituaient une phase importante dans la vie des jeunes Québécois. Aujourd'hui pourtant, cet empressement n'est plus aussi présent chez eux.

Ce phénomène, constaté lors du dressage du bilan routier de la SAAQ (Société de l'assurance-automobile du Québec) pour 2018, est des plus surprenant.

Et ceci expliquerait la baisse tendancielle du nombre de victimes d'accidents chez les jeunes, mais l'on espère aussi davantage d'améliorations résultantes de la réforme au sein du code de sécurité routière. La réussite des campagnes de sensibilisation en matière de conduite en état d'ébriété n'est pas non plus à exclure.


De fortes améliorations, mais qui méritent encore d'être optimisées

En six années consécutives, le nombre de décès recensés à la suite d'accidents de la route oscille entre 320 et 390. Le chiffre relevé en 2018 s'élevait à 359 victimes, un tantinet plus faible par rapport à celui de l'année précédente.

Néanmoins, l'on peut admettre qu'il s'agit d'une importante amélioration en comparaison avec le bilan de 1973 où 2 209 incidents mortels ont été dénombrés pour 2,44 millions de détenteurs de permis et 2,26 millions de véhicules immatriculés.

À savoir, 5,47 millions d'individus disposent d'un permis de conduire en 2018 et 6,6 millions de voitures sont en circulation. Ce qui vaut la remarque de Nathalie Tremblay, présidente et chef de la direction de la SAAQ, lors de la présentation du dernier bilan routier de cette ville canadienne :

Nous sommes effectivement sur un plateau, mais il faut le voir en relation avec l'augmentation du nombre de véhicules en circulation et du nombre de conducteurs qui ne cessent d'augmenter.

Des améliorations seront toutefois encore les bienvenues selon elle étant donné qu'il s'agit de vies supplémentaires à préserver. D'autant plus que dans certaines villes ou nations, le nombre de décès sur la route peut être moins élevé. Comme en Ontario, par exemple, où le taux de mortalité s'établit à 4,1 pour 100 000 habitants, aux Pays-Bas 3,6 et en Grande-Bretagne 2,8 (celui de Québec étant de 4,3).

Celui de Suède fait figure de référence avec son taux à hauteur de 2,5. Selon Nathalie Tremblay, ce faible ratio s'explique par l'application de mesures exemplaires :

La plupart des routes sont séparées par un muret, que ce soit une autoroute ou une route secondaire, et ce, même pour les vélos, qui sont séparés des véhicules par des murets. Donc, le face-à-face et le transfert d'une voie à l'autre en contresens ne sont pas possibles. La limite de vitesse, aussi, est de 90 kilomètres à l'heure en Suède, alors que nous, on est à 100, avec une zone de tolérance des policiers.

Les jeunes Québécois, de moins en moins exposés aux accidents routiers

En dressant son bilan annuel, la SAAQ a constaté une nette diminution du nombre de victimes chez les jeunes, de 35% plus exactement. L'on attribue cette tendance à un repli au niveau de la présence de ce profil de conducteurs sur la voie routière.

Le fait est qu'ils sont de moins en moins pressés de passer leur examen de conduite, contrairement aux années précédentes. Selon la dirigeante de la société :

C'est vraiment la première année où on commence à voir des jeunes qui sont en âge de détenir leur permis de conduire et qui ne vont pas le chercher. On commence à voir nos jeunes délaisser ce qui, pour nous, était cher à nos yeux: à 16 ans, on courait aux portes pour aller chercher notre permis de conduire.

Et les modifications apportées dernièrement sur le code de la sécurité routière pourront améliorer encore plus les choses, à en croire les optimistes. Ce qui impactera sans aucun doute sur les cotisations des contrats d'assurance tout risque. Quoique :

Les modifications au code de sécurité routière sont encore jeunes; elles n'ont été adoptées qu'en juin et, donc, on n'en a pas encore les effets dans le bilan routier.

Parmi les nouvelles mesures se trouvent :

  • Un couvre-feu de minuit à 5h00 pour les apprentis conducteurs ;
  • Une interdiction d'avoir des passagers ;
  • Une forte sensibilisation à l'égard de la conduite avec les facultés affaiblies.

Sur ce dernier point, la SAAQ appréhende quelque peu les effets de la récente légalisation du cannabis (en octobre dernier). Nathalie Tremblay prévoit d'autres campagnes afin de :

Faire prendre conscience aux gens et leur donner le même niveau de sensibilisation pour le cannabis que l'on a pour l'alcool. Ce n'est pas parce que le cannabis est légal que c'est sans risque sur les facultés affaiblies.