Dans le cadre de sa stratégie d'attractivité des étudiants internationaux, baptisée "Bienvenue en France", un programme lancé vers la fin de l'année 2018, le gouvernement se doit d'améliorer les conditions d'accueil de ces postulants afin d'atteindre l'objectif qu'il s'était fixé : accueillir 500.000 étudiants d'ici 2027.

Une initiative à laquelle le Centre régional des Œuvres Universitaires et Scolaires, plus connu sous le nom de Crous, contribue sous la tutelle du Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche.

Le loyer payé par les étudiants étrangers soulève toutefois actuellement des récriminations de la part de ces derniers. Le fait est qu'ils déboursent plus que leurs homologues français. Ce qui semblerait, pour eux, une forme de discrimination à leur égard. À savoir, ce coût de location a déjà fait l'objet d'une révision à la baisse il y a quelques années.


Le Crous a les mains liées

Étant missionné afin d'aider les universitaires venant des quatre coins du monde pour étudier en France et s'épanouir dans leur parcours estudiantin, le Crous ne maîtrise toutefois pas les critères de sélection. De fait, les décisions importantes viennent des universités.

C'est cette explication que la directrice générale du centre d'Occitanie, Françoise Bir, a avancé en réponse aux réprobations face aux loyers plus chers réclamés aux étudiants étrangers, et qui avait viré à la polémique en 2014.

Il y a en effet quatre ans, ces derniers constataient qu'un budget supérieur de 50 euros était nécessaire pour se payer un logement octroyé par le Crous. Une situation que l'association générale des étudiants du Midi-Pyrénées a désapprouvée. Et qui a d'ailleurs fait l'objet d'une révision depuis, pour s'établir à une vingtaine d'euros supplémentaires.

Les mêmes raisons qu'il y a cinq ans se maintiennent encore aujourd'hui, notamment la détermination du surcoût qui est régi par les conventions internationales conclues avec les universités toulousaines. Du moins, c'est ce qu'a confirmé Françoise Bir.

Besoin d'être mis sur un pied d'égalité

Mais pour les universitaires, cette facture supplémentaire s'apparente à de la « discrimination » si bien qu'ils n'arrivent pas à concevoir l'idée d'en subir encore en 2019. D'autant plus qu'il est aujourd'hui possible de souscrire une couverture, telle qu'une assurance habitation étudiant, pour minimiser certaines charges à réclamer aux locataires.


Questionné sur le sujet, un étudiant a avoué recevoir d'excellents enseignements et profiter de la grande accessibilité de ses professeurs. Toujours est-il qu'il se sent lésé au niveau social. D'après son témoignage :

Je suis égyptien, je fais mes études supérieures en France pour deux ans, dans le cadre d'un échange avec l'établissement auquel je suis rattaché dans mon pays […] Je paie plus cher pour une chambre identique à celle de mon voisin, je n'ai pas le droit aux bourses, je suis en grande difficulté pour trouver un travail à côté de mes études, mais je dois manger et vivre à la même hauteur que mes camarades. Je comprends qu'il soit difficile de rendre les bourses accessibles aux étudiants étrangers bien que je trouve ça injuste, mais je ne comprends pas pourquoi je dois payer plus cher que les universitaires français sur mon loyer. 20 € peuvent paraître une petite somme, mais tous les mois, pour un étudiant non boursier en difficulté, c'est énorme.

Si pour cet étudiant, la non-obtention d'un soutien financier semble compréhensible, l'Union Nationale des Étudiants de France ou UNEF affirme cependant que bon nombre de concernés réclament un traitement égalitaire, c'est-à-dire :

L'obtention des bourses pour tous les étudiants nécessiteux qui logent sur le sol français au même titre que les étudiants français.