L’assurance contre les inondations toujours difficile à acquérir au Canada

En général, les assurances couvrent les dommages occasionnés par les catastrophes naturelles telles que la foudre, les tornades ou la grêle. Par contre, elles n'interviennent pas concernant les dégâts provoqués par les crues.

Pour cause, ce type de sinistre est considéré comme un phénomène prévisible, dont les zones d'occurrence sont préalablement identifiées et recensées par les instances du gouvernement.

Selon Anne Morin, responsable des affaires publiques au BAC (Bureau d'assurance du Canada), historiquement, l'assurance inondation n'existe pas.

Néanmoins, depuis 2017, certaines assurances proposent de couvrir ce type d'incident. Il faut cependant savoir que les offres et les critères de souscription à ces assurances sont très variables d'une compagnie à une autre.


Les assureurs réticents à offrir une protection contre les crues

Pour la plupart de ces riverains habitant près des cours d'eau, les maisons n'ont pas d'assurance privée, ajoute la responsable du BAC. Il est peu probable que les compagnies s'engagent à assurer des habitants chaque année victimes d'inondations.

Les assureurs n'ont pas offert de protection aux foyers dont l'habitation risque l'inondation chaque printemps, mais plutôt à ceux qui ont le moins de chance d'être confrontés à ce problème.

La réticence des compagnies d'assurance se justifie par le fait qu'ils doivent être capables d'évaluer les risques de sinistre et de tarifer la protection avant de pouvoir proposer leurs services. Cette position des assureurs ne semble pas être connue par leurs clients, car d'après l'assureur CAA, un sondage de Square One Insurance a révélé que 69 % des Québécois sont persuadés que leur police d'assurance habitation les couvre en cas d'inondations.

Une protection coûteuse et difficile à acquérir

La couverture des assureurs pour ce type de catastrophe devrait être incluse dans les contrats d'assurance multirisque habitation, mais les termes du contrat varient selon les compagnies. Selon Annie Gauthier, porte-parole de CAA, l'ajout d'un avenant pour une protection contre les inondations augmenterait considérablement le montant annuel de l'assurance.


Un riverain propriétaire d'une maison située au bord d'un cours d'eau a été interrogé sur le sujet. Il débourserait 500 à 700 dollars supplémentaires en assurance inondation pour pouvoir bénéficier d'une couverture à hauteur de 300 000 dollars en cas de sinistre.

Les victimes régulières des crues annuelles préféreraient cependant payer un large montant plutôt que de subir les inondations sans protection.

Une habitante de Rigaud, une autre ville québécoise, se dit prête à débourser 5 000 dollars par an pour être couverte par les assureurs. Ayant sa résidence au bord de l'eau, elle n'a pas pu bénéficier d'une couverture contre les crues.