La transition vers l’électrique affecte l’activité des constructeurs automobiles européens

Les constructeurs automobiles européens ont beaucoup de mal à gérer la transition vers l'électrique. BMW, par exemple, affiche des pertes significatives à cause des investissements nécessaires dans le domaine. PSA, pour sa part, ne parvient pas à trouver des ingénieurs pour mener à bien ses projets et envisage même de débaucher chez Renault-Nissan. Ce dernier est en effet le numéro un sur le marché mondial de l'électrique.

Au-delà de leur rivalité, les constructeurs européens doivent faire face à une problématique commune : la prépondérance de l'Asie dans ce segment. La Chine s'impose notamment comme un fournisseur incontournable pour les batteries de voiture électrique. L'Europe s'efforce tant bien que mal de rattraper son retard, mais les résultats sont encore loin d'être concluants.


Un enjeu technologique et stratégique

Jusqu'ici, l'industrie automobile mondiale a été dominée par les constructeurs européens. Précurseurs du secteur, ils ont été à l'origine de nombreuses innovations en matière de motorisation, de sécurité, etc. L'Europe compte par ailleurs plusieurs marques emblématiques de l'industrie automobile telles que Peugeot, Citroën ou Renault.

Malheureusement, leurs atouts historiques deviennent désormais leur plus grande faiblesse. En effet, pendant près d'un siècle, les constructeurs européens ont acquis un savoir-faire inégalé dans les moteurs thermiques. Ils sont notamment parvenus à réduire la consommation en carburant tout en augmentant la puissance du véhicule.

Avec l'avènement de l'électrique, toute cette expertise ne sert pratiquement plus à rien. Les constructeurs européens doivent donc repartir de zéro et renouveler leurs compétences. Par exemple, ils n'ont plus à se préoccuper des vibrations, des nuisances sonores et de tout autre problème lié à la motorisation thermique.

Dorénavant, l'enjeu réside dans l'innovation technologique, surtout au niveau des batteries.

Il est ainsi indispensable de se focaliser sur la chimie pour maîtriser l'alimentation et gagner en autonomie.

Contrairement à l'Europe, la Chine n'a pas à réorganiser ses usines ou à reconvertir ses équipes dans cette nouvelle technologie.

D'ailleurs, les pays asiatiques en général ont pu s'attaquer immédiatement au défi de l'électrique et développer rapidement leurs connaissances en la matière. De ce fait, ils bénéficient d'une avance considérable sur les constructeurs européens. Au final, ces derniers risquent de perdre leur plus-value et de devenir de simples assembleurs de pièces venant d‘Asie.


Les constructeurs européens en grande difficulté

La situation problématique de PSA dans la transition vers l'électrique pourrait avoir un impact significatif sur tout ce qui touche à l'activité du groupe, y compris l'assurance Peugeot. En effet, récemment, le groupe a eu besoin de trouver d'urgence des ingénieurs spécialisés dans le développement de voitures électriques. Se retrouvant à court de candidats, il a dû se résoudre à débaucher chez son concurrent historique, Renault.

Depuis leurs débuts, Peugeot et Renault entretiennent une forme de rivalité relativement saine et particulièrement constructive. Cette relation a engendré, au fil des années, divers accords tacites comme le fait de ne pas débaucher des compétences chez la concurrence. Pourtant, face à l'urgence de la situation, Peugeot a brisé cet accord historique pour développer ses projets dans la filière électrique. Cette décision permet de mesurer l'ampleur de l'enjeu et la position actuelle des constructeurs européens.

Le cas de BMW donne également un aperçu des difficultés rencontrées par l'industrie automobile européenne dans la transition vers l'électrique. En effet, au premier trimestre 2019, la marque allemande a accusé des pertes considérables, s'élevant à 300 millions d'euros. Il s'agit d'une première depuis près de dix ans.

Ces résultats négatifs sont essentiellement dus aux coûts liés au basculement vers l'électrique. En effet, pour se démarquer dans le domaine, le constructeur automobile doit investir des sommes conséquentes en recherche et développement. Par ailleurs, cette transition requiert aussi une réorganisation de ses usines pour passer de la motorisation (et de la technologie) thermique à l'électrique.