La couverture santé s’étend sensiblement en France tout comme la précarité progresse

La santé est primordiale pour tout un chacun. C'est la raison pour laquelle le gouvernement français met l'accès aux soins au centre de ses préoccupations. Ainsi, en 2016, un dispositif, baptisé loi ANI, a obligé les entreprises implantées dans le pays de proposer une couverture maladie complémentaire à leurs employés.

Certes, la Sécurité sociale contribue déjà à alléger les charges en matière de santé, mais il reste néanmoins des restes à charge toujours importants surtout lorsque les interventions médicales nécessaires sont onéreuses.

Trois ans après la réforme, l'on remarque une expansion du nombre d'individus couverts par une mutuelle d'entreprise, plus précisément une ruée des individuels vers les collectifs. Mais dans la même foulée, le nombre de bénéficiaires d'aides publiques est également en hausse.


Une réforme couronnée de succès

La mise en vigueur de la loi ANI en 2016, portant sur la généralisation de la mutuelle d'entreprise, a été pour le moins fructueuse. Du moins, c'est ce qu'a révélé le panorama dressé par l'institut statistique du ministère de la Santé et la Drees (Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques) le mois dernier.

Il faut dire en effet que 95% de la population disposent actuellement de complémentaires santé. Ce qui est d'ailleurs une bonne chose puisque cela permet de profiter de soins de qualité tout en payant un reste à charge raisonnable. Concrètement, une partie des dépenses est déjà remboursée par l'Assurance maladie et une autre est couverte par la mutuelle choisie.

Le dispositif profite plus aux salariés. À savoir, 70% d'entre eux possédaient un contrat collectif en 2014 pour s'élever à 90% après la réforme. Et force est de constater que l'affluence des modifications de couvertures individuelles y a le plus contribué plutôt que les nouvelles inscriptions. Le fait est que la majorité des employés en disposent déjà une. De plus, les mutuelles d'entreprise offrent plus de garanties, selon l'étude de la Drees et du ministère de la Santé :

« Les contrats les plus couvrants concernaient sept bénéficiaires de couvertures collectives sur dix, contre un sur dix en individuel […] sept salariés sur dix se déclarent satisfaits de l'évolution du coût ou des remboursements proposés. »

Le recours aux dispositifs d'État est très répandu

L'expansion du taux de couverture maladie est une bonne nouvelle pour le gouvernement. C'est en effet une preuve irréfutable que l'optimisation de l'accès aux soins de santé se trouve actuellement sur une bonne voie.


Toujours est-il qu'en lisant entre les lignes, des faits moins prometteurs sont mis en exergue par les statistiques. De plus en plus de ménages à situation financière fragile sont obligés d'avoir recours à des dispositifs d'État, tels que l'aide au paiement d'une complémentaire santé ou ACS et la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C).

À savoir, le nombre de bénéficiaires de l'ACS a augmenté de 25% en l'espace de 4 ans, à raison de 1,2 million d'allocataires. Quant à la CMU-C, une progression de 31% a été constatée en seulement dix ans, avec 5,5 millions d'individus recensés.