Technologies innovantes, mise en place de nouvelles mesures… Tout se joue en faveur de l'accès à la santé. Mais si ces dispositions sont hautement bénéfiques, l'on s'attend quand même à des majorations des dépenses, notamment au niveau des primes de complémentaire santé.

En effet, en décembre dernier, le défenseur des consommateurs UFC-Que Choisir a déjà pointé du doigt la hausse de leur coût moyen, une revendication qui a reçu le soutien du gouvernement et de la ministre de la Santé.

Mais les surcoûts, qui semblent d'ailleurs variés selon les distributeurs de contrats, ne devaient pas seulement provenir de l'entrée en vigueur du reste à charge zéro. Différents contextes peuvent aussi avoir engendré ce phénomène.


Des hausses confirmées, mais disparates

Les cotisations des complémentaires santé font l'objet d'une hausse tous les ans. La période 2018-2019 est, par exemple, le témoin d'une augmentation de 2,1% au niveau du coût moyen, à en croire les données communiquées par l'association UFC-Que Choisir. Une tendance haussière qui se confirme cette année avec une estimation de 4% au minimum.

Ce qui ne manque pas de faire réagir le défenseur des droits des consommateurs l'hiver dernier. D'autant qu'à l'issue de son étude publiée il y a six mois de cela, UFC-Que Choisir a observé une recrudescence des frais de gestion de ces contrats santé, de 30% en l'espace de six ans (de 2010 à 2016). Une accélération qui se révèle être deux fois plus que celle des remboursements.

Mais alors que l'augmentation semble généralisée, elle est cependant disparate. De fait, 400 contrats référencés sur le site de comparaison des mutuelles santé Que Choisir ont été analysés. Et il s'avère que certains assurés vont voir leurs primes majorer de plus de 20%. À savoir, les surcoûts sont plus tangibles sur les contrats vendus par les experts en courtage d'assurance. Ceux distribués par les assureurs, les bancassureurs et les institutions de prévoyance, quant à eux, affichent moins de majoration (+1,3% et +1,6%).


Les motivations d'augmenter les prix sont plusieurs

Les réformes conjoncturelles sont les principales sources de l'augmentation des primes d'assurance santé complémentaire. En effet, diverses mesures ont été instaurées ces derniers temps, notamment le 100% santé qui semble depuis fin 2018 faire couler beaucoup d'encre.

Pour rappel, ce dispositif permettra à toute la population d'accéder à de meilleurs soins de santé même ceux qualifiés d'onéreux, tels que les interventions dentaires, optiques ou auditives dont la couverture sera désormais attribuée intégralement de l'Assurance maladie et des mutuelles. Sauf qu'il alourdira de quelque 250 millions d'euros les charges des assureurs. Un motif de révision de tarifs qui n'a pas toutefois reçu l'approbation de la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn.

Si les compagnies se sont engagées à stabiliser le montant de leurs cotisations, leur promesse se limite à cette réforme. Et il se trouve que leurs motivations sont plusieurs, entre autres :

  • Le déremboursement des médicaments qui allégera les dépenses de la Sécurité sociale au détriment des complémentaires ; 
  • L'accroissement des coûts de santé à cause du vieillissement de la population ; 
  • La chronicisation des maladies qui incite les patients à recourir davantage aux soins médicaux.