Visant à réduire l'administration de traitements médicamenteux pour les patients présentant des troubles de santé mentale, la CPAM (Caisse primaire d'assurance maladie) a eu, en mars 2018, la brillante idée d'élaborer un dispositif de remboursement des consultations psychologiques ainsi que des suivis y afférents. Se trouvant à un niveau expérimental, ceci n'était encore ouvert qu'aux habitants de quatre départements français jusqu'en 2020 avant d'être généralisé.

Sauf que l'organisme n'a pas attendu la fin de l'expérimentation pour y apporter quelques modifications. Ces dernières concernent notamment les critères d'accessibilité qui sont devenus plus limités. De nouvelles démarches administratives sont alors mises en place afin que les dispositions récemment imposées soient bien respectées.


Une expérimentation à succès

Le nombre de Français présentant des symptômes de dépressions ou des troubles de santé mentale, légers, modérés ou même sévères, affiche une tendance haussière ces dernières années. Ce qui implique également une augmentation des consommations de médicaments antidépresseurs.

Ce phénomène a poussé la Caisse d'assurance maladie à expérimenter un dispositif de remboursement des séances psychologiques dans certains départements de l'Hexagone pour trois ans. Une grande première pour le pays.

C'est ainsi que depuis près de 18 mois, les habitants de la Haute-Garonne, de Landes, de Morbihan et de Bouches-du-Rhône, âgés de 18 à 60 ans, ont vu leurs coûts de consultation remboursés à hauteur de 22 euros par séance en cas d'accompagnement psychologique de soutien et de 32 euros pour une psychothérapie structurée. À savoir, cette dernière qui dure généralement 45 minutes peut s'élever jusqu'à 45 euros, surtout à Toulouse.

Il est tout de même à préciser qu'une consultation préalable auprès d'un médecin généraliste est requise et c'est ce dernier qui jugera nécessaire d'envoyer le patient chez un psychologue, ou un psychiatre si cela s'avère indispensable.

Des réformes avant terme

Si le succès du dispositif a été au rendez-vous, il faut savoir que plusieurs changements vont voir le jour avant même la fin de l'expérimentation. En effet, les critères d'éligibilité au remboursement ont été restreints.


Une situation qui ne concerne toutefois que les patients ayant entamé leur parcours après la date d'entrée en vigueur de la réforme. Ceux qui ont auparavant bénéficié de la prérogative continueront à en profiter jusqu'à ce que leurs séances aboutissent.

En revanche, pour les nouveaux malades, ils sont tenus de recourir au service des professionnels médicaux de l'Assurance maladie afin que ce dernier puisse déterminer s'ils sont éligible ou non au dispositif de remboursement. Ce procédé ayant été instauré avec l'aide du Comité de pilotage, dans le but de faire respecter les nouvelles dispositions qui sont :

  • La prise en charge des individus nouvellement diagnostiqués pour des troubles de santé mentale, légers à modérés ; 
  • Impliquant la réfutation du dossier des patients ayant déjà eu recours à des psychotropes ou dont le degré de maladie mentale est plus élevé.