Le réseau internet 5G sera bientôt déployé sur le territoire français. Le gouvernement a déjà fixé la date de la mise aux enchères des fréquences. Parmi les opérateurs concernés, Bouygues Telecom s’estime particulièrement lésé, du fait qu’il part avec un grand handicap par rapport à ses concurrents. Il a donc essayé de faire reporter la date butoir, mais en vain.

Des antennes Huawei qui posent problème

En France, les spectres du réseau 5G devraient se répartir entre les 4 opérateurs majeurs que sont Free, Orange, SFR et Bouygues Telecom. Comme dans tout appel d'offres, la plus grosse part de marché reviendra à celui qui allouera le plus gros budget lors de l'enchère que le gouvernement a fixé pour fin septembre.

Si les autres opérateurs n'ont exprimé aucune objection par rapport à cette date, Bouygues Telecom s'est pour sa part senti lésé, notamment à cause des problèmes qu'il a rencontrés auprès de l'agence en charge de la sécurité des systèmes d'information (Anssi) concernant l'exploitation des antennes 5G de marque Huawei.

Si les équipements de ce genre obtiennent généralement une licence d'exploitation pour 8 ans, Bouygues Telecom ne pourra exploiter ses antennes que pour une durée bien inférieure.

Dans ces conditions, Bouygues Telecom ne pense pas être en mesure de s'aligner sur ses concurrents quant à l'obtention des fréquences. Évoquant une concurrence biaisée, il a d'abord soumis une requête auprès du gouvernement, mais celle-ci n'a pas abouti. Ensuite, il a réitéré sa demande de report auprès du Conseil d'État, mais encore une fois, il n'a pas eu gain de cause.

Des enchères à plusieurs centaines de millions d'euros

Déjà pénalisé par ces équipements qui subissent la loi dite « anti-Huawei », Bouygues Telecom devra trouver au moins 350 millions d'euros pour acquérir le bloc de base de 50 MHz. S'il veut élargir son spectre, il lui faudra débourser 70 autres millions pour 10 MHz supplémentaires.

Une fois le réseau 5G totalement opérationnel, les usagers auront une raison supplémentaire de souscrire une assurance téléphone parce que, si les données vont circuler à très grande vitesse, les outils de piratage et de fraudes peuvent également s'en trouver améliorés.