La journée mondiale de la maladie d’Alzheimer s’est tenue le 21 septembre dernier, attirant l’attention de chacun sur cette forme de trouble neurocognitif qui touche quelque 35 millions d’individus dans le monde. Il faut croire que toute découverte, qu’elle soit préventive ou thérapeutique, est la bienvenue pour y faire face. Justement, une nouvelle méthode vient d’être découverte, permettant de diagnostiquer précocement et plus précisément la pathologie.

1,2 million, c’est le nombre de Français qui sont aujourd’hui concernés par la dégénérescence des neurones découlant de la maladie d’Alzheimer. De quoi tenir en haleine leur proche et même ceux qui ne le sont pas, notamment en ce qui concerne l’évolution des travaux de recherches.

À ce propos, des chercheurs ont récemment annoncé la découverte du siècle : un diagnostic par imagerie, dont le taux de réussite est de 91% si celui de la méthode appliquée actuellement est de 11 points en dessous.

Certes, elle ne laisse pas pour l’instant apercevoir aucun signe avant-coureur de la pathologie, et encore faut-il le développer pour automatiser l’ensemble des processus, voire prouver sa conformité à la bonne pratique clinique. Cependant, ce nouveau procédé promet d’apporter d’importants changements dans cette lutte effrénée.


Un diagnostic par imagerie qui promet d’être plus efficace

Jusqu’ici, il est possible de reconnaître un trouble neurodégénératif, tel que la maladie d’Alzheimer, chez un patient grâce à l’analyse anatomique de son cortex cérébral via une IRM. Force est pourtant de constater que les réussites se limitent à huit cas sur dix (80%). Le taux annoncé par l’association France Alzheimer est même moins optimiste, avançant un diagnostic à succès sur deux seulement.

Or, il se trouve qu’un constat précoce ouvre la voie à un meilleur traitement. Et c’est ce dont nombre de scientifiques ont entrepris de réaliser au cours des dernières années. C’est dans cette vision que des chercheurs français, représentant le CEA (Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives), l’Inserm et l’Université de Paris, ont procédé à une étude aboutissant à un nouveau procédé par imagerie.

À en croire la publication dans la revue mensuelle Neurobiology of Aging, ceci serait plus efficace, avec un taux de réussite de 91%. À Maxime Bertoux, l’auteur principal des recherches, d’ajouter :

« Cette méthode est très facile à mettre en place puisqu’elle se base sur une IRM. En cas de suspicion de maladie neurodégénérative, vous faites cet examen dans l’écrasante majorité des cas. Il suffit alors de récupérer les résultats de cet examen et, avec un logiciel, les analyser pour extraire les informations et les comparer à une base de données de personnes malades ou non ».

À savoir, 51 individus souffrants d’Alzheimer, tout stade de la maladie inclus, et 29 autres non atteints ont subi une IRM cérébrale dans le cadre de l’étude. Le but étant d’étudier les différences morphologiques des sillons, des plis dans lesquels sont enfouis les deux-tiers du cortex cérébral. Selon les explications du chercheur Inserm :

« Ceux-ci se forment au cours de l'enfance et s'estompent avec le vieillissement. Dans de précédents travaux, nous avions découvert qu'en cas de maladie neurodégénérative, l'atténuation de ces plis était accélérée ».

Plusieurs paramètres sont encore à considérer

Il va sans dire que cette nouvelle méthode de diagnostic va au-delà des processus actuels. D’autant qu’il faut préciser que la découverte sera favorable pour la sécurité sociale qui pourra réduire ses charges. À savoir que celle-ci prend en charge intégralement les dépenses liées au traitement de l’Alzheimer sauf une infime partie qui sera remboursée par la mutuelle santé du patient.


Par ailleurs, la bonne nouvelle c’est que le logiciel est déjà mis en place, grâce au centre de neuroimagerie du CEA, Neurospin. Cet outil ayant contribué à la concoction d’une « moule » en négatif du cerveau. Ce qui va permettre de mesurer avec précision – et sur tous les plans – les sillons.

Il reste alors quelques points à considérer, entre autres :

  • Son développement pour un processus automatisé ; 
  • La formation des professionnels médicaux concernant le déploiement du système ; 
  • Un contrôle quant à son application clinique ; 
  • Son application sur d’autres pathologies similaires afin de pouvoir isoler le cas de la maladie d’Alzheimer.

Il faut également considérer le fait que ce procédé novateur ne permet pas encore de soupçonner une possible apparition de la maladie ultérieurement. Cependant, les chercheurs sont convaincus de sa forte potentialité. À Maxime Bertoux d’argumenter :

« Il faut en effet énormément de données pour prédire les choses et je pense que si nous appliquions cette méthode a énormément de patients, comme c’est déjà le cas dans certaines cohortes nationales ou internationales, nous pourrions justement identifier certains marqueurs qui permettraient peut-être de prédire la maladie d’Alzheimer ou, en tout cas, son avancée ».