L’insécurité et la délinquance a toujours été au centre des préoccupations, pas plus qu’hier qu’aujourd’hui. Mais pour la France, le sujet est mis sous les feux des projecteurs à l’heure actuelle où les préparations aux municipales 2020 battent leur plein. Il s’avère que certaines villes, comme Issy-les-Moulineaux, se montrent bons élèves avec la quasi-totalité de leurs indicateurs en vert.

Pas de système de vidéosurveillance ni de police municipale. À leur place, ce sont des médiateurs, des éducateurs spécialisés et des animateurs socio-éducatifs qui parcourent quotidiennement les quartiers d’Issy-les-Moulineaux, une commune francilienne localisée dans le département des Hauts-de-Seine.

Et force est de reconnaître que cette « vision sociétale de la prévention-sécurité » semble réussir à la ville, le bilan annuel de 2018 en est une preuve tangible : une tendance baissière sur tous les plans, à l’exception des dégradations de mobilier urbain. Ce succès viendrait du fait que la confiance règne entre les acteurs liés à la sécurité et les résidents.


Des indicateurs presque tous positifs

Depuis 2014, l’insécurité semble avoir pris les voiles dans la commune d’Issy-les-Moulineaux. Une situation dans laquelle les résidents n’ont pas évolué trente ans plus tôt. Pour preuve, les données communiquées par le ministère de l’Intérieur pour le compte de 2018 affichent de notables régressions au niveau des éléments-clés à comparer aux chiffres enregistrés il y a quatre ans, notamment :

  • Des Violences (-28,7%) ; 
  • Des trafics de stupéfiants (-26,1%) ; 
  • Des crimes ou délits sexuels (-11%) ; 
  • Des vols (-7%) ; 
  • Les escroqueries (-2,9%).

De quoi donner à la ville une importante attractivité, comme le témoigne une actuelle résidente :

« Les Parisiens affluent parce que c'est une ville très agréable, familiale, sécurisée… On a la qualité de vie à côté de la capitale. Ici, je peux rentrer tard le soir sereinement, aller tranquille au ciné toute seule ».

Seul petit bémol : la hausse de 11,5% sur les destructions de mobilier urbain. Un risque qui est, heureusement, pris en charge par certains contrats d’assurance habitation. Il s’avère, en effet, que le taux de criminalité afférent à ces actes sont quelque peu élevé, notamment par rapport à celui de Boulogne – de 4,7 faits pour 1 000 habitants contre 2,6 pour ce dernier d’après les données de la préfecture de police.

Une politique sécuritaire qui semble très efficace

À Issy, la prévention prime la dissuasion quand il s’agit d’instaurer la paix dans les rues de la ville. D’après Cécile Arches, responsable de la médiation :

« Nous avons une vision sociétale de la prévention-sécurité ».

Et c’est ce qui la diffère des autres agglomérations où la politique sécuritaire rime avec l’implantation d’une police municipale ainsi qu’un système de vidéosurveillance généralisé. Celle d’Issy-les-Moulineaux associe tous les acteurs liés à la sécurité pour jouer le rôle de médiateur. Ainsi, l’équipe, composée de trois médiateurs, de trois éducateurs spécialisés dédiés aux 14 à 25 ans, de quatre animateurs socio-éducatifs s’adressant aux 11 à 16 ans, se tient les coudes jusqu’à très tard dans la soirée, que ça soit en semaine ou en week-end et même pendant les jours fériés.

Et ils interviennent non seulement dans les espaces publics, mais aussi dans les zones privées accessibles au public. À Cécile Arches d’expliquer leur fonctionnement :

« La réponse ne provient jamais d'un seul partenaire. On se passe l'info, on coproduit la sécurité avec la police nationale, les gardiens d'immeuble, les partenaires sociaux. La plus grosse force de frappe, c'est l'administré, car il voit tout. Des groupes de résidents se forment à l'issue de chaque réunion publique, et certains deviennent des résidents-référents qui nous écrivent quand il y a un problème ».

Par ailleurs, la ville fait de la confiance son cheval de bataille. Le fait est qu’une relation privilégiée existe entre la plupart des éducateurs/animateurs et les jeunes Isséens étant donné qu’ils se connaissent depuis des années. Si bien que les forces de l’ordre n’agissent qu’en dernier recours, comme l’affirme le responsable des actions socio-éducatives, Jérôme Appolaire, dans ces propos :

« Quand ça chauffe, la police intervient. Son travail est complémentaire au nôtre ».