Tout d'abord, chaque assureur a sa propre définition d'un bijou ou d'un objet de valeur. Il convient donc de se reporter aux conditions générales du contrat d'assurance multirisque habitation (MRH) pour en avoir une idée précise. Cependant, on retrouve des critères récurrents basés sur la nature de l'objet et sa valeur pécuniaire, communs à la plupart des
assurances habitation du marché. Ainsi, dans la catégorie des bijoux sont généralement inclus les objets composés de métaux précieux (or, argent, platine, vermeil), ornés de pierres précieuses ou de perles fines. Les montres de prix sont englobées dans cette catégorie. Concernant les objets de valeur, chaque assureur détermine un montant forfaitaire par objet, souvent dans une fourchette comprise entre 300 € et plus de 3 000 €. Selon l'assureur, la catégorie des objets de valeur peut intégrer les œuvres d'art, les collections (timbres, pièces de monnaie, livres anciens, vins prestigieux, etc.), le mobilier ancien ou encore des instruments de musique.
Des biens traités à part
Dans la plupart des contrats d'assurance habitation, ces biens sont pris en compte dans les garanties contre le vol, l'incendie ou les dégâts des eaux, avec un plafond d'indemnisation spécifique. Mais les bijoux et objets de valeur sont généralement traités à part via des sous-plafonds. La plupart des contrats prévoient un plafond maximum pour ces biens, distinct du capital mobilier global. Ce plafond peut être exprimé soit par un montant fixe (5 000 € par exemple), soit en pourcentage du capital mobilier. Par exemple, si l'assurance fixe le capital mobilier à 50 000 € et un plafond de 20 % pour les objets de valeur, l'indemnisation maximale en cas de sinistre sera donc de 10 000 €, même si la totalité des objets ayant subi un sinistre dépasse cette somme.
COMPARER LES ASSURANCES BIENS PRÉCIEUX
Un plafond par objet possible
En plus du plafond global, il existe souvent dans les contrats une limite par objet (par exemple 2 000 € au maximum par bijou) ou par catégorie d'objets. Cela signifie que même si le contrat comprend un plafond global très élevé, un objet de grande valeur peut n'être que partiellement remboursé par l'assureur. Le plafond d'indemnisation des bijoux et objets de valeur peut donc être insuffisant. Dans ce cas, afin de renforcer la protection des biens de grande valeur, il est plus prudent de les déclarer individuellement.
Extension de la MRH ou assurance spécifique ?
La première possibilité est d'ajouter au contrat d'assurance habitation une extension pour les objets précieux. Avec l'ajout de cette garantie, le plafond d'indemnisation est augmenté, les objets sont mieux pris en compte par l'assureur et il est possible de déclarer précisément certains objets de grande valeur. Une autre solution consiste à souscrire une assurance « tous risques objets précieux ». C'est la protection la plus complète. Contrairement à l'assurance habitation qui se limite à des circonstances bien déterminées (vol, cambriolage, par exemple), une assurance spécifique a une portée beaucoup plus large. En fonction du contrat, elle couvre le vol (même en dehors du domicile), la perte accidentelle, la casse et, parfois, la disparition inexpliquée (définition très encadrée). Si l'on souscrit une assurance « tous risques objets précieux », il est recommandé de faire appel à un professionnel pour l'expertise des biens au moment de la signature du contrat, de fournir factures et certificats à l'assureur et de déclarer chaque objet individuellement afin de faciliter l'indemnisation au cas où un sinistre aurait lieu.
COMPARER LES ASSURANCES BIENS PRÉCIEUX
Deux méthodes d'évaluation
Pour l'indemnisation, l'assureur distingue deux méthodes d'évaluation des objets. D'une part, la valeur agréée est déterminée avant le sinistre par une expertise. C'est l'option la plus sûre car elle permet d'éviter des points de désaccord avec l'assureur après un vol. D'autre part, la valeur déclarée est une estimation de l'objet réalisée par son propriétaire lui-même au moment de la souscription du contrat. Après la survenue d'un sinistre, il lui revient de prouver l'existence de l'objet et sa valeur à l'aide de photos, factures ou certificats d'authenticité. En l'absence d'expertise professionnelle, il est donc judicieux de prendre en photo, (par exemple, un bijou porté par sa propriétaire) et de photographier le poinçon, qui indique la proportion de métal précieux contenu dans l'alliage.
Exigences possibles si la valeur est élevée
Même si les biens sont assurés via une assurance habitation « classique », l'assureur peut exiger des conditions spécifiques afin de renforcer la sécurisation au-delà d'un certain montant. Plus la valeur assurée est élevée, plus les exigences le sont également. Cela peut être le stockage des objets dans un coffre-fort ou l'installation de dispositifs de sécurité (alarme, volets, serrure renforcée, etc.). Si un sinistre a lieu et les conditions fixées par l'assureur n'ont pas été respectées, ce dernier peut refuser l'indemnisation ou en réduire le montant. En pratique, il est conseillé de lire attentivement les conditions générales et particulières de son contrat habitation à l'étape de la souscription. Le but est de s'éviter toute mauvaise surprise. Il vaut mieux aussi étudier les modalités d'indemnisation en fonction de la valeur réelle de ses bijoux et objets de valeur en amont de la signature du contrat plutôt que de découvrir suite à un sinistre que le manque d'information à l'assureur restreint, voire empêche, la prise en charge de ces biens.