Dégât des eaux en copropriété : règles, démarches et responsabilités

La survenue d’un dégât des eaux en copropriété peut rapidement prendre une tournure complexe selon l’origine de la fuite, les parties touchées et votre lien avec le bien sinistré. Selon que vous êtes locataire, propriétaire occupant ou bailleur, les démarches et les assurances à mobiliser ne sont en effet pas les mêmes. Qui est responsable ? Qui prend en charge les réparations et l'indemnisation ? Quel est le rôle de la convention IRSI dans la gestion, le règlement et l’indemnisation du sinistre ?

Le Comparateur Assurance vous explique les règles applicables en copropriété, les responsabilités de chaque partie et les étapes à suivre pour déclarer un dégât des eaux et obtenir une indemnisation.

En résumé

Ce qu'il faut retenir

  • La convention IRSI s'applique aux dégâts des eaux en copropriété lorsque le montant des dommages matériels ne dépasse pas 5 000 € HT.
  • L'assureur gestionnaire centralise la coordination des parties, la recherche de fuite et l'indemnisation.
  • En cas de dégât des eaux, il faut faire le nécessaire pour limiter les dommages, conserver des preuves et effectuer uniquement les réparations d'urgence avant l'accord de l'assureur.
  • La déclaration de sinistre doit être faite dans le délai prévu au contrat, avec un minimum légal de 5 jours ouvrés.
Quelle assurance est responsable en cas de dégât des eaux dans une copropriété ?

Comment fonctionne la convention IRSI lors d'un dégât des eaux en copropriété ?

La convention IRSI (indemnisation et recours des sinistres immeuble) encadre la gestion des dégâts des eaux et des incendies en copropriété.  

Entrée en vigueur pour remplacer la convention CIDRE et applicable depuis le 1er juin 2018, elle vise à simplifier l'indemnisation en désignant un interlocuteur unique chargé de gérer le sinistre.

Elle s'applique aux sinistres provenant d'une partie privative comme à ceux affectant les parties communes, à condition que le montant des dommages matériels par local sinistré n'excède pas 5 000 € HT. La convention définit également les règles applicables en matière de recherche de fuite, d'expertise, d'indemnisation et de recours entre assureurs.

Idée

Bon à savoir :

Pour les sinistres dont les dommages dépassent 5 000 € HT, la convention IRSI ne s'applique pas. Dans ce cas, chaque assureur est tenu d'intervenir selon les modalités de son contrat. Les procédures peuvent s'en retrouver allongées et complexifiées, notamment si des expertises contradictoires sont demandées.


Le rôle de l'assureur gestionnaire du sinistre

La convention IRSI prévoit la désignation d'un assureur gestionnaire pour chaque local sinistré. Il est chargé de :

  • centraliser la gestion du dossier,
  • d'organiser la recherche de fuite si nécessaire,
  • verser l'indemnisation selon les règles prévues par la convention.

S'il y a plusieurs locaux sinistrés, chacun dispose de son propre assureur gestionnaire. Ce dernier est désigné selon un ordre de priorité :

  1. L'assureur de l'occupant du logement sinistré, qu'il soit locataire, propriétaire occupant ou occupant à titre gratuit.
  2. À défaut, l'assureur du propriétaire non occupant, notamment si le logement est vacant, loué en meublé ou si l'occupant n'est pas assuré.
  3. En dernier recours, ou lorsque les parties communes sont concernées, l'assureur de l'immeuble en copropriété.

La procédure applicable dépend ensuite du montant des dommages par local.

Tranches IRSI selon le montant des dommages
Tranche IRSIMontant des dommages par local sinistré
Tranche 1Jusqu'à 1 600 € HT
Tranche 2Entre 1 600 € HT et 5 000 € HT

Procédure de règlement d'un sinistre de tranche 1

Pour un sinistre dont les dommages n'excèdent pas 1 600 € HT, l'assureur gestionnaire peut évaluer le préjudice sans recourir à un expert. Il apprécie les dommages par les moyens qu'il juge adaptés.

Une expertise devient toutefois nécessaire en cas de sinistres répétitifs ou lorsque la responsabilité d'un tiers non professionnel à l'immeuble est susceptible d'être engagée.

L'assureur gestionnaire indemnise directement les personnes concernées et, en principe, n'exerce aucun recours contre les autres assureurs, sauf dans ces deux situations particulières prévues par la convention IRSI.

Prise en charge selon l'assureur gestionnaire (tranche 1)
Si l'assureur gestionnaire est...... il prend en charge (dans les limites du contrat) :
L'assureur de l'occupantLes dommages matériels. Les frais liés au sinistre. Les dommages immatériels consécutifs.
L'assureur du propriétaire non occupantLes dommages matériels. Les frais afférents. Les dommages immatériels consécutifs. À noter : le contenu mobilier de l'occupant non-propriétaire reste pris en charge par son propre assureur.
L'assureur de la copropriétéLes dommages matériels. Les frais afférents. Les dommages immatériels consécutifs. À noter : les biens et embellissements de l'occupant non-propriétaire demeurent exclus lorsqu'ils ne sont pas garantis par ce contrat.

Procédure de règlement d'un sinistre de tranche 2

Lorsque les dommages sont compris entre 1 600 € HT et 5 000 € HT par local, l'assureur gestionnaire doit obligatoirement désigner un expert unique pour le compte de toutes les parties concernées. L'expert évalue les dommages et détermine les responsabilités.  

L'assureur gestionnaire indemnise les victimes dans les limites du contrat (dommages matériels, frais afférents, dommages immatériels consécutifs), avec la possibilité, dans cette tranche, d'exercer des recours contre les autres assureurs. Le contenu mobilier de l'occupant non-propriétaire reste indemnisé par son propre assureur.  

Idée

Bon à savoir

Si plusieurs causes sont à l'origine du dégât des eaux, les dommages sont évalués globalement. Les recours sont alors répartis à parts égales entre les assureurs des différents responsables, sans solidarité entre eux.

Qui doit organiser et financer la recherche de fuite en copropriété ?

En copropriété, lorsque la recherche de fuite ne relève pas des dispositions de la convention IRSI, la prise en charge d'une recherche de fuite dépend principalement de l'emplacement dans lequel aura lieu la recherche et des contrats d'assurance souscrits par les différentes parties.

Recherche de fuite dans un local privatif occupé ou non occupé

Si la recherche de fuite doit se faire dans un local privatif occupé, c'est l'occupant qui doit faire intervenir son assureur, qu'il soit propriétaire ou locataire du bien.  

Dans le cadre d'une location ou d'une occupation à titre gratuit par exemple, l'assurance du propriétaire du local doit prendre le relais si les travaux de recherche menacent de détruire le local, si l'occupant n'est pas assuré ou si l'occupant locataire a donné un préavis expirant le jour du sinistre. Il en va de même si le local est inoccupé.  

Peu importe la situation, l'assureur de l'immeuble doit prendre le relais si le propriétaire du local n'est pas assuré.

Recherche de fuite dans les parties communes de l'immeuble

Lorsque la recherche de fuite doit se faire dans les parties communes (canalisation collective, toiture, colonne montante, etc.), c'est l'assureur de l'immeuble en copropriété qui intervient.  

Idée

Bon à savoir :

La recherche de fuite n'est généralement pas comprise dans les garanties de base d'une assurance dégâts des eaux. Cette opération nécessite le plus souvent la souscription d'une option payante pour que les frais soient pris en charge.

Tableau récapitulatif pour comprendre quelle assurance doit intervenir pour une recherche de fuite

Quelle assurance intervient pour la recherche de fuite
Local privatifParties communes de l'immeuble
Assurance du locataire(le cas échéant)X
Assurance du propriétaire occupant(le cas échéant)x
Assurance du propriétaire non-occupantX (sauf si les travaux de recherche menacent de détruire le local, si l'occupant n'est pas assuré ou si l'occupant locataire a donné un préavis expirant le jour du sinistre).X
Assurance de l'immeubleX (sauf si le propriétaire du local n'est pas assuré)oui

Origine de la fuite : qui est responsable et quelle assurance intervient ?

Hors du cadre de la convention IRSI, la prise en charge d'un dégât des eaux dépend principalement de l'origine de la fuite et de la personne responsable.  

Dans les situations les plus courantes, lorsque l'origine du sinistre est clairement identifiée et que chaque partie est correctement assurée, l'assurance du responsable intervient pour indemniser les dommages causés.

Fuite provenant d'un appartement voisin

Si la fuite provient d'un appartement voisin occupé, c'est en principe l'assurance habitation de l'occupant qui intervient, selon la personne qui occupe le logement à l'origine du sinistre.  

Ainsi, il peut s'agir de l'assurance du :

  • locataire, pour qui la souscription d'une assurance risques locatifs, a minima, est obligatoire,
  • copropriétaire occupant, qui est également soumis à une obligation de souscrire une assurance responsabilité civile en copropriété.

Cette assurance prend en charge les dommages causés aux tiers dans les conditions prévues par le contrat.

Idée

Bon à savoir : que se passe-t-il si l'appartement est vacant ?

Si le logement à l'origine de la fuite est inoccupé, c'est généralement l'assurance du propriétaire non occupant (PNO) qui intervient. Cette assurance couvre la responsabilité du propriétaire pour les dommages causés aux autres lots ou aux parties communes lorsque le logement n'est pas occupé.

Fuite provenant des parties communes

Lorsque la fuite provient de parties communes, qu'elle trouve son origine dans une canalisation collective, la toiture, une colonne montante ou d'un autre élément ne relevant pas d'un espace privatif, c'est l'assurance de la copropriété qui intervient.  

Que faire en cas de dégâts des eaux en copropriété ?

En cas de dégât des eaux dans votre copropriété, réagir rapidement permet de limiter les dommages et de faciliter l'indemnisation après coup. Voici les bons réflexes à adopter dès la découverte de la fuite.

  • Coupez l'arrivée d'eau si possible. Si la fuite provient de votre logement et que le robinet d'arrêt est accessible, coupez immédiatement l'alimentation en eau. Si la fuite semble venir d'un appartement voisin, prévenez son occupant. En son absence, ou si l'arrivée d'eau de l'immeuble doit être coupée parce que la source de la fuite n'est pas identifiée, contactez le gardien, le concierge, le syndic ou l'agence immobilière.
  • Appelez les secours en cas d'inondation importante. Si l'eau envahit massivement le logement ou met en danger les occupants, contactez les sapeurs-pompiers en composant le 18.
  • Protégez vos biens. Mettez autant que possible les meubles, appareils électriques et objets de valeur à l'abri de l'eau afin de limiter les dégâts.
  • Évitez l'aggravation des dommages. Épongez l'eau, aérez les pièces et prenez toutes les mesures d'urgence nécessaires pour limiter l'humidité et empêcher les dommages de s'étendre.
  • Constituez des preuves sans attendre. Photographiez les dégâts, conservez les biens endommagés et rassemblez les factures d'achat ou tout autre justificatif. N'attendez ni le passage de l'expert ni le retour de votre assureur pour réunir ces éléments.
  • N'engagez pas de travaux avant l'accord de l'assureur. Limitez-vous aux réparations d'urgence indispensables pour stopper la fuite et éviter une aggravation des dégâts. Contactez de préférence votre assureur via son service d'assistance afin qu'il vous oriente vers un professionnel agréé, puis conservez toutes les factures des interventions réalisées.

Les étapes pas à pas pour déclarer votre sinistre

Après avoir sécurisé les lieux, déclarez le dégât des eaux à votre assureur dans le délai prévu par votre contrat.  

Le Code des assurances prévoit que ce délai ne peut pas être inférieur à 5 jours ouvrés à compter du moment où vous avez eu connaissance du sinistre, sauf en cas de force majeure ou de cas fortuit vous empêchant d'effectuer cette déclaration.

Idée

Bon à savoir :

Une déclaration de sinistre tardive n'entraîne pas automatiquement une perte de garantie. L'assureur ne peut refuser l'indemnisation que si cette sanction est prévue dans le contrat et s'il prouve que le retard lui a causé un préjudice, par exemple une aggravation des dommages.

La déclaration peut être effectuée par téléphone, par courrier, par e-mail ou depuis l'espace client de nombreux assureurs.

Aucun formalisme particulier n'est imposé, à condition de transmettre les informations nécessaires au traitement du dossier :

  • vos nom, prénom et références de votre contrat d'assurance habitation,
  • la date du dégât des eaux,
  • la cause apparente de la fuite si elle est connue,
  • une description précise des dommages constatés,
  • les éléments permettant d'évaluer les biens endommagés (factures, photos, estimations),
  • les coordonnées et références d'assurance des autres personnes éventuellement concernées,
  • les démarches déjà réalisées, comme l'intervention d'un plombier en urgence.

Le conseil Le Comparateur Assurance :
Le constat amiable dégât des eaux n'est pas obligatoire, mais il est fortement recommandé de le remplir, que vous soyez la seule victime du sinistre ou que plusieurs parties soient impliquées. Il a vocation à faciliter le traitement de votre dossier et peut accélérer le traitement et l'indemnisation du sinistre par les assureurs.


FAQ : vos questions fréquentes sur l'assurance dégât des eaux en copropriété

Que faire si le syndic ne réagit pas en cas de dégât des eaux dans une copropriété ?

Lorsque la fuite provient des parties communes ou qu'une intervention du syndic est nécessaire, signalez le sinistre par écrit (lettre recommandée avec accusé de réception de préférence) afin de conserver une preuve de votre demande. Déclarez en parallèle le sinistre à votre assureur dans les délais applicables en indiquant que le syndic n'a pas encore répondu.

Que faire si le voisin refuse de signer le constat amiable de dégât des eaux ?

Remplissez le constat amiable avec les informations dont vous disposez ou effectuez une déclaration unilatérale auprès de votre assureur. Précisez que le voisin a refusé de signer et joignez tous les éléments utiles : photos, échanges de messages, coordonnées du voisin et description de l'origine présumée de la fuite. Votre assureur pourra ensuite contacter directement son assureur ou mandater un expert si nécessaire.

Qui paie la surconsommation d'eau liée à une fuite invisible en copropriété ?

La prise en charge par l'assurance dépend de l'origine de la fuite. Si elle provient d'une partie privative, le propriétaire ou l'occupant concerné peut être tenu responsable. Si elle provient des parties communes, la copropriété peut prendre en charge la surconsommation.

Est-il obligatoire d'avertir le syndic si la fuite reste cantonnée à deux appartements privatifs ?

Non, ce n'est pas obligatoire. En revanche, il est recommandé d'informer le syndic dès qu'un dégât des eaux est susceptible d'affecter les parties communes ou d'avoir des conséquences sur d'autres lots de la copropriété.

Comment changer d'assurance habitation après la clôture d'un sinistre IRSI ?

Une fois le dossier clôturé, vous pouvez changer d'assurance habitation dans les conditions prévues par la loi. Après un an de contrat, la résiliation est possible à tout moment et votre nouvel assureur peut effectuer les démarches à votre place.

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