
Le ransomware, une menace toujours présente pour les entreprises
Un ransomware, ou rançongiciel, est un logiciel malveillant qui bloque l'accès à un appareil ou à des données, généralement en les chiffrant. Les cybercriminels demandent ensuite une rançon en échange d'une clé de déchiffrement ou de la restitution de l'accès aux systèmes.
Qu'est-ce qu'une assurance cyber ?
L'assurance cyber protège les entreprises contre les conséquences financières d'un incident informatique ou d'une cyberattaque. Selon les garanties souscrites, elle peut notamment couvrir les frais de gestion de crise, la restauration des données et des systèmes, les pertes d'exploitation ou les conséquences d'une atteinte aux données.
En France, le marché de l'assurance cyber représentait 306 millions d'euros de cotisations en 2025.
Qui peut souscrire une assurance cyber ?
L'assurance cyber s'adresse principalement aux entreprises, associations et autres organisations exposées à un risque informatique. Les besoins varient selon la taille de la structure, son secteur d'activité, les données traitées et son niveau de dépendance aux outils numériques. L'assureur peut également évaluer les mesures de sécurité déjà mises en place avant la souscription.
Quelles garanties couvre une assurance cyber ?
Les garanties dépendent du contrat souscrit. Il convient donc de consulter les conditions générales et particulières pour connaître précisément les risques couverts, les plafonds d'indemnisation, les franchises et les exclusions.
Bon à savoir : vous souhaitez en savoir plus sur les assurances professionnelles ? Consultez notre page dédiée.
L'assurance cyber rembourse-t-elle la rançon d'un ransomware ?
Pas nécessairement. La prise en charge d'une rançon dépend des garanties prévues par le contrat d'assurance.
Certaines polices peuvent prévoir une garantie couvrant le paiement d'une cyber-rançon, mais cette possibilité est encadrée. Le droit français ne pose pas une interdiction générale de l'assurabilité du paiement d'une rançon. En revanche, depuis 2023, le Code des assurances prévoit une condition spécifique pour l'indemnisation liée à certaines atteintes informatiques.
Que faire en cas d'attaque par ransomware ?
Une réaction rapide permet de limiter la propagation de l'attaque et de préserver les éléments utiles à l'enquête et à la remise en état des systèmes.
- Isoler les équipements touchés : coupez les connexions des équipements concernés au réseau et à Internet afin de limiter la propagation du ransomware. Prévenez également immédiatement le service informatique ou le prestataire chargé de la sécurité du système d'information.
- Préserver les preuves : conservez les messages de rançon, journaux informatiques, fichiers chiffrés et autres éléments techniques utiles à l'enquête. Évitez de réinstaller ou reformater les équipements avant d'avoir préservé ces éléments.
- Prévenir son assureur cyber : contactez rapidement l'assureur ou le courtier pour déclencher, si le contrat le prévoit, la cellule d'assistance et les prestations d'urgence. Respectez les procédures et délais prévus par le contrat.
- Déposer plainte : le dépôt de plainte doit intervenir rapidement et, pour les professionnels concernés par l'article L. 12-10-1 du Code des assurances, dans les 72 heures suivant la connaissance de l'atteinte.
- Vérifier si des données personnelles ont été compromises : vérifiez si l'attaque a entraîné une violation de données personnelles. Si elle présente un risque pour les droits et libertés des personnes, une notification à la CNIL peut être nécessaire.
Quelles obligations de signalement après une cyberattaque ?
Les obligations dépendent de la nature de l'organisation, du secteur d'activité, des systèmes concernés et des données touchées.
Comment choisir une assurance cyber ?
Le prix ne constitue pas le seul critère à examiner. Une comparaison des garanties permet d'identifier les différences entre les contrats.
| Garantie à vérifier | Points à examiner |
|---|---|
| Assistance et gestion de crise | Disponibilité de la cellule d'urgence, experts mobilisables et accompagnement juridique. |
| Pertes d'exploitation | Durée d'indemnisation, plafond et éventuel délai de carence. |
| Restauration des données | Frais couverts, restauration des sauvegardes et remise en état des systèmes. |
| Responsabilité | Prise en charge des conséquences d'une atteinte aux données ou aux systèmes de tiers. |
| Rançon | Présence ou non d'une garantie, conditions de mise en œuvre et plafond. |
| Frais de notification | Prise en charge éventuelle des coûts liés à la gestion d'une violation de données. |
| Exclusions | Négligence, défaut de mise à jour, absence de sauvegarde ou non-respect des mesures de sécurité exigées. |
| Franchise et plafonds | Montant restant à la charge de l'entreprise et limite globale d'indemnisation. |
Bon à savoir : l'assureur peut vérifier le niveau de sécurité informatique de l'entreprise avant la souscription et imposer certaines mesures de prévention.
Assurance cyber : une protection qui ne remplace pas la prévention
La cyber-assurance permet de transférer une partie du risque financier lié à une cyberattaque, mais elle ne remplace pas les mesures de prévention. Mises à jour de sécurité, sauvegardes, protection des comptes, authentification renforcée et sensibilisation des salariés restent essentielles pour limiter les risques.
Les TPE-PME renforcent progressivement leur protection : en 2025, 78% des entreprises interrogées déclarent notamment disposer de sauvegardes et 26% utilisent une solution de double authentification. Pourtant, 80% reconnaissent ne pas être préparées à une cyberattaque ou ne pas savoir si elles le sont. La prévention reste donc un enjeu majeur, même pour les entreprises couvertes par une assurance cyber.
FAQ sur l'assurance cyber et les ransomwares
Mon assurance rembourse-t-elle automatiquement une rançon ?
Non. Le remboursement d'une rançon dépend du contenu du contrat. La présence d'une assurance cyber ne signifie pas automatiquement que la somme versée aux cybercriminels sera indemnisée. En outre, pour les professionnels concernés, l'indemnisation prévue par certaines clauses d'assurance est subordonnée au dépôt d'une plainte dans les 72 heures.
Que faire immédiatement après une attaque par ransomware ?
Il faut isoler les équipements touchés, éviter de supprimer les preuves, prévenir le service informatique et l'assureur, déposer plainte et rechercher une solution de récupération des données. Cybermalveillance.gouv.fr recommande également de ne pas payer la rançon.
Une entreprise doit-elle prévenir la CNIL après un ransomware ?
Pas systématiquement. Si l'attaque a pu permettre aux cybercriminels de consulter, modifier ou détruire des données personnelles, l'entreprise doit évaluer si elle constitue une violation de données présentant un risque pour les droits et libertés des personnes concernées. Dans ce cas, l'incident doit être notifié à la CNIL dans les 72 heures suivant sa constatation. Cette obligation découle de l'article 33 du RGPD.
Une entreprise doit-elle signaler un ransomware à l'ANSSI ?
Il n'existe pas d'obligation générale de signalement à l'ANSSI pour toutes les entreprises victimes d'un ransomware. Les obligations dépendent notamment du statut de l'organisation et du cadre réglementaire qui lui est applicable. En août 2026, la transposition française de NIS 2 n'est pas encore achevée.
Une assurance cyber est-elle obligatoire ?
L'assurance cyber n'est pas obligatoire pour l'ensemble des entreprises. Elle peut néanmoins permettre de limiter les conséquences financières d'un incident informatique et de bénéficier rapidement de l'assistance de spécialistes. Les garanties et conditions de souscription doivent être comparées avant de choisir un contrat.