
La responsabilité du constructeur dépend de sa mission
Lorsqu'un chantier est confié à plusieurs professionnels, chacun intervient dans un périmètre défini. Un constructeur chargé du gros œuvre n'a par exemple pas la même mission qu'une entreprise spécialisée dans l'électricité ou la peinture.
Cette répartition est importante lorsqu'un désordre apparaît. La responsabilité d'un professionnel ne peut pas être étendue à des travaux qu'il n'avait pas à réaliser sans qu'un manquement de sa part soit établi.
La Cour de cassation a notamment rappelé ce principe dans un arrêt du 23 février 2017. Elle considère qu'un entrepreneur n'est responsable que des désordres affectant les travaux dont il a la charge.
Ce que dit la jurisprudence sur la responsabilité des constructeurs
Comment limiter les risques de litige entre professionnels ?
Pour un professionnel du bâtiment, la définition précise de son intervention constitue un point essentiel. Les documents contractuels doivent permettre d'identifier clairement les travaux dont il est chargé et les limites de sa mission.
En pratique, il est donc recommandé de conserver les documents permettant de retracer son intervention sur le chantier, notamment :
- Le devis ou marché de travaux.
- Les plans et documents techniques.
- Les comptes rendus de chantier.
- Les échanges avec le maître d'ouvrage et les autres entreprises.
- Les procès-verbaux de réception et les éventuelles réserves.
Ces documents peuvent être utiles pour déterminer les responsabilités en cas de désordre et, le cas échéant, pour permettre à l'expert ou au juge d'identifier l'origine du dommage.
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Garantie de parfait achèvement et responsabilité du constructeur
La garantie de parfait achèvement (GPA) constitue l'une des garanties légales applicables après la réception des travaux. Prévue par l'article 1792-6 du Code civil, elle oblige l'entrepreneur à réparer les désordres signalés lors de la réception ou par notification écrite pendant l'année qui suit celle-ci.
Cette garantie concerne les désordres relevant de la garantie de parfait achèvement. Elle ne détermine toutefois pas, à elle seule, la répartition de la responsabilité entre les différents professionnels intervenus sur le chantier.
La garantie applicable au désordre et la responsabilité de chaque intervenant sont donc deux questions distinctes. La première permet de déterminer les règles d'indemnisation applicables. La seconde consiste à identifier le professionnel auquel le désordre peut être imputé.
Questions fréquentes sur la responsabilité du constructeur (FAQ)
Un constructeur est-il responsable de tous les désordres d'un chantier ?
Non. En principe, la responsabilité d'un constructeur est appréciée au regard des travaux dont il avait la charge et des éventuels manquements qui lui sont imputables. Il peut toutefois être responsable d'un désordre qui concerne plusieurs interventions si une faute de sa part a contribué à sa survenance.
Plusieurs entreprises peuvent-elles être responsables d'un même désordre ?
Oui. Lorsque plusieurs professionnels ont contribué à la réalisation d'un même dommage, la responsabilité de chacun peut être recherchée. Le juge doit alors déterminer le rôle joué par chaque intervenant et vérifier l'existence d'un lien entre les fautes qui lui sont reprochées et le désordre.
Un entrepreneur peut-il être responsable d'un travail réalisé par une autre entreprise ?
Le simple fait qu'un autre professionnel ait réalisé les travaux concernés ne suffit pas à engager la responsabilité de l'entrepreneur. Celle-ci peut toutefois être retenue s'il a commis une faute, notamment en manquant à son devoir de conseil, et que cette faute a contribué au désordre.