
Des inégalités persistantes dans l'accès aux soins
Selon le rapport de la Cour des comptes, la prise en charge représente un effort financier croissant pour l'Assurance maladie, une hausse liée notamment au coût des traitements médicamenteux.
Pour les patientes, le reste à charge s'élève en moyenne à 1 549 €, une somme conséquente pour les ménages modestes, en particulier ceux qui ne disposent pas d'une mutuelle. Ces contraintes financières poussent certaines femmes à différer, voire à renoncer aux soins complémentaires jugés secondaires.
À ces obstacles s'ajoutent des disparités territoriales, avec une offre de prise en charge inégale entre les zones urbaines et rurales, déjà documentée par l'Institut national du cancer (INCa).
Le dépistage organisé en recul et concurrencé
Le dépistage organisé pour la prévention du cancer du sein est accessible aux femmes de 50 à 74 ans. Il peut être effectué tous les deux ans et est entièrement remboursé. Mais le taux de participation s'essouffle depuis plusieurs années, alors même que l'INCa rappelle qu'un diagnostic précoce améliore nettement les chances de survie.
La Cour des comptes fait remarquer que
Ce dispositif est fragilisé par le recours croissant des centres spécialisés à un dépistage individuel.
Ce dernier est souvent plus coûteux pour les patientes à cause des dépassements d'honoraires. De plus, la seconde lecture des examens, pourtant recommandée pour limiter les erreurs d'interprétation, est rarement effectuée.
Améliorer la prévention et le suivi post-traitement
La Cour suggère de supprimer les dépassements d'honoraires pour les examens liés au dépistage organisé et de contraindre les centres équipés à accueillir toutes les patientes concernées. Elle invite également à repenser l'âge et les modalités des campagnes, en l'adaptant davantage aux profils de risque.
En outre, l'institution insiste sur le potentiel du numérique et de l'intelligence artificielle déjà utilisés dans plusieurs systèmes de santé pour assister la lecture des mammographies, sous encadrement strict. Enfin, les dispositifs de soins de support post-traitement devraient être déployés de manière homogène sur le territoire.