Faire le tri dans ses contrats d’assurance pour éviter les doublons

A l’heure où la flambée des prix de l’essence incite les Français à traquer les économies, faire le tri dans ses contrats d’assurances pour repérer les doublons peut s’avérer utile. D’autant qu’avec l’essor de l’assurance embarquée, les consommateurs disposent de garanties dont ils ignorent souvent l’existence.

Faire le tri dans ses contrats d’assurance pour éviter les doublons

Il existe une règle claire dans le fonctionnement du système assurantiel : l'assurance ne peut en aucun cas être une source d'enrichissement de l'assuré. Le code des assurances explicite clairement qu'un remboursement opéré à l'occasion d'un sinistre ne pas donc pas se montrer supérieur au dommage subi. Inutile, dans ce cadre, d'être assuré deux fois contre le même risque. Une assurance scolaire déjà contenu au sein du contrat multirisque habitation ? Un service d'assurance associé à une carte bancaire qui couvre la franchise dans le cadre d'une location de véhicule ? Des services d'assistance vendus à la fois par l'assureur automobile et le concessionnaire d'une voiture achetée en leasing ? Les cas de doublons d'assurance sont nombreux et pas toujours faciles à dénicher.

Embarquement immédiat

Assurance embarquée, affinitaire, B2B2C, en inclusion… Le jargon professionnel est abondant pour décrire un schéma de distribution d'assurance qui a le vent en poupe : des garanties d'assurance vendues dans le parcours d'achat d'un produit ou d'un service. Nous les voyons partout car elles sont une source de diversification de profit importants pour de nombreuses enseignes : impossible aujourd'hui d'acheter un billet SNCF sans cocher la case de la souscription ou non d'une assurance voyage associé. Impossible de prendre possession d'un véhicule chez le loueur sans se voir proposer une extension de franchise. Pas question pour le concessionnaire automobile de laisser repartir le client qui vient d'acheter un véhicule sans un contrat d'assistance packagé ou une garantie panne mécanique. Ni pour le vendeur de smartphone ou de trottinette électrique de finaliser une vente sans proposer l'assurance contre la casse ou le vol. Avant de souscrire à ce type d'assurances, il est donc utile de se poser la question d'une couverture déjà contenue dans les contrats d'assurance du quotidien comme l'assurance automobile ou l'assurance habitation. Pas de panique si vous avez cédé au discours anxiogène d'un vendeur de smartphone : la loi prévoit un délai de rétractation de 14 jours que l'assuré peut faire valoir avec l'envoi d'un courrier de résiliation en lettre recommandé avec accusé de réception.


La MRH, un nid à doublon

Comme son nom l'indique, la multirisques habitation est un contrat packagé qui additionne de nombreuses garanties, incluses ou optionnelles. Mais se poser la question du doublon, c'est aussi bien comprendre ce contre quoi votre contrat vous couvre. Une option protection juridique associée à un contrat MRH ne couvrira le plus souvent que les litiges associés à l'habitation, quand un contrat protection juridique vendu séparément bénéficiera d'un champ d'intervention beaucoup large. Si vous souhaitez une couverture complète contre les tracas juridiques de la vie, mieux vaudra résilier l'option souscrite auprès de l'assureur habitation pour faire baisser la prime. A l'occasion de l'achat d'un bien d'équipement, vérifiez également le périmètre d'intervention de votre assurance habitation avant de souscrire aux extensions de garanties proposées par le vendeur.

Vérifier ses garanties d'assistance

Un constat qui prévaut également pour l'assurance automobile. La plupart des contrats vendus par les assureurs proposent des garanties d'assistance 0km. Après avoir vérifié que cette fonctionnalité s'exprime dans votre contrat, inutile de souscrire le même service qu'on ne manquera pas de vous proposer à l'achat d'un nouveau véhicule.

De nombreux services d'assurance et d'assistance sont également incluses dans les cartes bancaires. Faire un petit tour sur le site de sa banque pour vérifier, dans les conditions générales du contrat lié à votre moyen de paiement, l'ensemble des garanties proposées peut s'avérer utile.

Car ces services packagés sont souvent oubliés voir méconnus des consommateurs. En mai dernier, l'ACPR, le gendarme de l'assurance a durement sanctionné la Société Générale d'une sanction pécuniaire de 20 millions d'euros, pour manquement à ses obligations d'informations dans le cadre de la distribution de services d'assurances embarqués au sein d'une offre bancaire. Un rappel à l'ordre qui montre que faire le tri dans ses contrats ne s'adresse pas qu'aux assurés.

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