
Un cancer potentiellement fatal, mais guérissable
Chaque année, environ 17 000 Français décèdent des suites d'un cancer colorectal. Sur les 47 500 cas recensés tous les ans, un peu plus de 46 % des personnes touchées sont des femmes. Si les hommes présentent un risque légèrement supérieur, l'écart reste limité. D'après un spécialiste de cette pathologie.
Certains facteurs hormonaux observés avant la ménopause pourraient expliquer cette incidence plus faible.
Trop souvent, la maladie débute par des polypes bénins qui se forment sur la paroi du côlon et qui peuvent éventuellement évoluer vers une tumeur maligne. Chez les femmes, leur positionnement sur cette partie de l'intestin et les symptômes plus discrets retardent parfois le diagnostic. Mais généralement, un cancer colorectal repéré tôt se soigne très bien dans près de neuf cas sur dix.
Détecter le risque pour mieux soigner
L'âge constitue le principal facteur de risque, d'où le lancement d'un programme national de dépistage pour les 50 à 74 ans. Le dispositif repose sur un test immunologique à effectuer chez soi tous les deux ans.
Malgré la simplicité du procédé, la participation demeure limitée. En France, environ 35 % des personnes concernées réalisent ce test, alors que les recommandations européennes visent un taux proche de 45 %.
Un résultat positif ne signifie pas forcément la présence d'un cancer. Une coloscopie restera recommandée dans ce cas, en particulier en présence de certains symptômes : saignements anaux, amaigrissement inexpliqué, douleurs abdominales ou modification durable du transit.
Par ailleurs, des suivis spécifiques sont indiqués pour les personnes présentant des antécédents familiaux, des polypes ou certaines pathologies inflammatoires de l'intestin.
En France, le dépistage de ce cancer est pris en charge à la fois par l'Assurance maladie et la mutuelle complémentaire santé du patient.
Un dépistage moins contraignant
Le caractère invasif de la coloscopie est souvent rédhibitoire. Mais l'examen a été simplifié. Il se déroule désormais en ambulatoire, généralement sur une demi-journée, sous anesthésie brève. La préparation a été allégée, avec un régime sans fibres sur une courte durée et des solutions de nettoyage intestinal de faible volume.
Les progrès techniques ont également amélioré le confort. L'utilisation de CO2 pour insuffler le côlon limite par exemple les gênes après l'examen. De même, l'intelligence artificielle commence à assister les médecins en signalant automatiquement les polypes lors de l'inspection.
Cette exploration reste la méthode de référence pour détecter et retirer les excroissances avant qu'elles ne deviennent cancéreuses. Les techniques endoscopiques permettent désormais d'enlever la plupart des lésions sans chirurgie, y compris certaines de grande taille grâce à la dissection sous-muqueuse.