
Une solution au manque de médecins généralistes sur le territoire
Le décret marque une évolution nette de la politique de santé publique française.
La réforme introduite dans le texte s'inscrit dans un contexte de forte tension sur l'accès aux soins : baisse du nombre de praticiens, délais de rendez-vous allongés, parcours de soins désorganisés.
L'élargissement de leurs missions répond à cette réalité en repositionnant les infirmiers diplômés d'État comme des professionnels capables d'initiative clinique dans un cadre défini. Ils pourront désormais participer activement à l'évaluation des besoins de santé. Cette approche favorise une prise en charge plus rapide des patients, notamment en soins de premier recours.
Les nouvelles attributions autorisées par le décret
Le texte consacre officiellement la consultation et le diagnostic. Les besoins identifiés relèvent exclusivement du champ infirmier, sans empiéter sur l'avis d'un médecin. Le décret mentionne des actions de prévention, de dépistage, d'éducation à la santé, de suivi thérapeutique et d'accompagnement palliatif. Le soutien psychologique figure désormais clairement dans le rôle relationnel.
Il ouvre aussi la voie à la prescription de certains médicaments, ou traitements, et d'examens complémentaires.
Un encadrement strict de l'application
Malgré cette autonomie renforcée, les interventions et les prescriptions demeurent conditionnées à des listes spécifiques, fixées par arrêté, après avis des autorités sanitaires compétentes, avec des mises à jour régulières prévues.
Cette approche vise à garantir une pratique sécurisée et harmonisée pour éviter toute dérive. Le décret impose par ailleurs une traçabilité rigoureuse des actes et met l'accent sur le fait que chacun doit s'inscrire dans une organisation collective des soins avec les médecins traitants des patients.
Les discussions autour de l'application de cette réforme se poursuivent, notamment en ce qui concerne la rémunération, la prise en charge des consultations et soins par l'Assurance maladie et la mutuelle santé complémentaire des patients, et l'adaptation aux réalités locales. Le calendrier prévoit une entrée en vigueur progressive, au plus tard fin juin 2026.