Le burn-out : savoir l'identifier et le prendre en charge

Selon une étude OpinionWay pour le cabinet Empreinte Humaine réalisée en 2022, 34 % des salariés seraient en burn-out. Si les conditions de travail sont en cause, d’autres facteurs peuvent provoquer un burn-out. Explications.

En résumé

Ce qu'il faut retenir

  • Le burn-out est un syndrome d'épuisement professionnel causé par un stress prolongé. Il se manifeste par des symptômes émotionnels, cognitifs et physiques tels que la fatigue, l'anxiété et des troubles du sommeil.
  • Facteurs professionnels : Une surcharge de travail, des objectifs irréalistes et un manque de reconnaissance sont des facteurs majeurs du burn-out.
  • Facteurs personnels : Les responsabilités familiales, la solitude affective et la pression personnelle peuvent augmenter le risque de burn-out.
  • Consultation médicale : Un médecin traitant ou un psychiatre est essentiel pour diagnostiquer et traiter le burn-out, avec des options comme des thérapies comportementales et des médicaments.
  • Remboursement : La Sécurité sociale rembourse une partie des consultations psychiatriques, et votre mutuelle peut compléter cette prise en charge, notamment pour les dépassements d’honoraires.
burn out définition et prise en charge

Le Burn-out qu'est-ce que c'est ?

Le "burn-out" est une expression anglo-saxonne qui signifie « brûlé » ou « épuisé ».

Dans un rapport du ministère du Travail, de nombreuses tentatives de définitions ont été énoncées et toutes démontraient que le burn-out était un syndrome (ou état) d'épuisement professionnel (émotionnel, physique et psychique).

Depuis 2019, le burn-out est reconnu comme une maladie par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). La prise en charge du burn-out nécessite un soutien médical et psychologique intensif, mettant en évidence l'importance d'une couverture par une mutuelle pour cette maladie afin de garantir un accès à des soins adéquats et continus.


Une aide pour les médecins

Cette maladie est difficile à repérer pour un médecin dans la mesure où elle est très mal connue et surtout compliquée à détecter chez le sujet. Une prise en charge médicale étant tout de même nécessaire, la Haute Autorité de la santé a décidé de publier des recommandations pour aider les médecins à mieux identifier les cas et pour les conseiller de façon efficace. Le but final est une reprise du travail en douceur.

Selon la HAS : « L'objectif est de permettre aux professionnels de repérer les symptômes et de dresser le bon diagnostic, afin de proposer une prise en charge personnalisée. »

Vers une prise en compte du burn-out

La première étape pour déceler ce syndrome est de savoir comment il se manifeste, mais les symptômes sont différents selon les individus. Parfois, les étapes du burn-out se trouvent être les mêmes que celles d'une autre maladie. Voici quelques-uns de ces symptômes :

  • Émotionnellement, le patient ressent de l'anxiété, de la tristesse, de l'hypersensibilité ou au contraire un manque d'émotion, par exemple.
  • Au niveau cognitif, il ressent des troubles de la mémoire, de concentration et d'attention, etc.
  • Dans son comportement, l'individu s'isole socialement, peut avoir un comportement agressif, voire violent, ou des comportements addictifs.
  • Enfin, il se peut qu'il y ait des signes physiques tels que : troubles du sommeil, des problèmes gastro-intestinaux ou des douleurs aux muscles.

Selon la HAS toujours, « Après avoir identifié ces manifestations et écarté l'hypothèse d'une maladie physique, il faudra juger de leur sévérité et évaluer en priorité le risque suicidaire. »


Les facteurs professionnels à l'origine du burn-out

L'épuisement professionnel est engendré par diverses situations :

  • Une charge de travail trop importante.
  • Des objectifs trop difficiles à atteindre.
  • Un manque de reconnaissance.
  • Une pression trop forte des supérieurs.
  • Une insécurité de l'emploi.

Les facteurs personnels augmentant le risque de burn-out

Les conditions de travail sont très importantes dans le rôle de la maladie. C'est dans l'univers professionnel que se développent toutes ces étapes : dans les exigences et l'intensité du travail, ainsi qu'à travers la relation avec les collègues de travail. Des facteurs individuels peuvent également jouer sur l'état du patient :

  • Une lourde responsabilité familiale.
  • Une solitude affective.
  • Des conflits familiaux.
  • Un manque de confiance en soi.
  • Une incapacité de déléguer.
  • Une attente trop élevée envers soi-même.

Qui consulter en cas de symptômes ?

Vous vous sentez épuisé ? Vous avez une boule au ventre au moment de partir au travail ? N'attendez pas pour consulter votre médecin traitant et évoquer vos troubles avec lui. Il saura échanger avec vous, puis vous orienter vers un professionnel mieux qualifié, à l'image d'un psychiatre.

Cet expert, au fil des séances, analyse les causes de votre burn-out et définit les traitements nécessaires. La thérapie comportementale et cognitive est indiquée pour traiter efficacement l'épuisement professionnel. Le psychiatre identifie les problèmes personnels du patient susceptibles de le prédisposer au burn-out.

Parfois, un arrêt de travail peut suffire en vous éloignant des facteurs de stress au quotidien. Dans certains cas, des anxiolytiques peuvent se révéler indispensables pour réduire la tension et favoriser un meilleur sommeil.

Il est également possible, en amont, d'en faire part à votre médecin du travail. Celui-ci peut intervenir pour promouvoir le bien-être au travail et limiter les risques de burn-out, et ce, d'autant plus si plusieurs salariés de la même entreprise resentent les mêmes symptômes.

Comment limiter les risques de burn-out au quotidien ?

Une meilleure hygiène de vie permet de limiter le stress et de mieux faire face à des conditions de travail jugées complexes. Au-delà d'un suivi thérapeutique et d'éventuels traitements, voici quelques conseils à appliquer au quotidien :

  • Pratiquer une activité physique régulière.
  • Éviter les repas lourds le soir impactant défavorablement le sommeil.
  • Éviter les écrans le soir et préférer la lecture ou la méditation.
  • Réduire la consommation d'excitants à l'image de l'alcool, du café ou du tabac.

De cette manière, vous favorisez un meilleur sommeil récupérateur pour limiter le stress au quotidien.


Quel remboursement du burn-out ?

Lorsque vous pensez souffrir d'un burn-out, consulter un psychiatre peut se révéler indispensable.

La base de remboursement de la Sécurité sociale (BRSS), également nommée « tarif de convention » est de 59,20 € par séance. La Sécurité sociale rembourse 70 % de ce montant. Votre mutuelle santé rembourse le ticket modérateur, soit 30 % (le processus est le même que pour le remboursement de la dépression).

Lorsque vous consultez un psychiatre conventionné de secteur 2, celui-ci pratique des dépassements d'honoraires. Cette fois, vous avez besoin d'une mutuelle offrant une prise en charge supérieure à 100 %, la Sécurité sociale ne rembourse pas les dépassements d'honoraires.

Dans les cas les plus extrêmes, une hospitalisation peut se révéler nécessaire.

C'est ici que se manifeste toute l'importance d'une mutuelle psychiatrie. En cas d'hospitalisation en clinique psychiatrique, les frais peuvent rapidement grimper, rendant l'accès aux soins appropriés potentiellement hors de portée pour beaucoup. Une mutuelle aide à couvrir ces coûts élevés, garantissant que les patients ne soient pas dissuadés en raison de préoccupations financières. Pensez à utiliser notre comparateur pour dénicher la meilleure mutuelle psychiatrie adaptée à vos besoins spécifiques.

Vos démarches en cas de burn-out professionnel

Lorsque votre médecin ou psychiatre reconnaît votre burn-out comme un trouble médical, il est susceptible de vous proposer un arrêt de travail. Dans ce cas, vous devez envoyer votre arrêt de travail :

  • À votre employeur pour l'informer de votre arrêt.
  • À la Sécurité sociale pour obtenir des indemnités journalières.

Selon votre situation, un délai de carence de 3 jours peut être imposé. Passez cette période, vous êtes indemnisé tous les 14 jours.


Burn-out : le rôle des employeurs

Dans le cadre de l'épuisement professionnel, les employeurs ont un rôle majeur à jouer. Mettre en place des mesures préventives est indispensable pour réduire les risques. Cela passe par différentes actions :

  • Limiter les surcharges de travail.
  • Favoriser le dialogue.
  • Éviter l'isolement des salariés.
  • Améliorer les conditions de travail au quotidien.
  • Ménager des espaces de pause.
  • Mieux informer les salariés sur le burn-out, ses symptômes et ses conséquences.
  • Mieux former les managers au bien-être au travail.
FAQ

Vos questions sur le burn-out et sa prise en charge

Comment reconnaître un burn-out et à qui s'adresser pour une prise en charge ?

Le burn-out se manifeste par un épuisement physique et émotionnel, par une perte de motivation ou encore des troubles du sommeil. Consulter un psychologue ou un psychiatre peut se révéler indispensable pour traiter ces troubles.

La Sécurité sociale prend-elle en charge le burn-out ?

Le burn-out n'est pas reconnu comme une maladie professionnelle. Toutefois, il est reconnu par l'OMS comme une maladie. Aussi, lorsqu'un psychiatre détecte des symptômes de burn-out, la Sécurité sociale peut rembourser ses séances, mais aussi les traitements liés. Elle verse également des indemnités journalières en cas d'arrêt de travail.

La mutuelle peut-elle compléter la prise en charge des soins liés au burn-out ?

Oui, la mutuelle vient compléter la prise en charge de l'Assurance Maladie. Elle rembourse les consultations chez le médecin traitant et le psychiatre, mais aussi les traitements éventuels.

Lorsque vous consultez un psychologue, celui-ci n'est pas reconnu par l'Assurance Maladie. Une bonne mutuelle est nécessaire pour une prise en charge de la psychologie.

Quelles démarches effectuer pour obtenir un arrêt de travail ou un accompagnement spécifique en cas de burn-out ?

Consultez votre médecin traitant, celui-ci vous orientera vers un psychiatre afin de mieux déterminer les facteurs ayant déclenché ou aggravé le burn-out. Lorsque le professionnel de santé vous délivre un arrêt de travail, envoyez-le à votre employeur et à votre caisse d'Assurance Maladie pour obtenir vos indemnités journalières.

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